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Les Machines ont des « âmes »

Lee Se-Dol, champion du monde de jeu de go, a été battu par une intelligence artificielle, l’AlphaGo. Événement historique, pour ce jeu, d’origine chinoise considéré comme le plus complexe jamais inventé par l’Homme. L’IA développé par Google Deepmind est la première machine à mettre en échec un champion de go à ce jeu avec 4 matchs rempotés sur les 5 que comportaient leur rencontre. Voilà encore une preuve extraordinaire des avancées dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). Les machines ont des « âmes ».

 

Au fait, qu’est ce que c’est l’IA ?

C’est une discipline qui vise à créer ou simuler, chez les robots ou les logiciels, une intelligence comparable à l’homme ou davantage spécialisée. Mais rassurez vous il n’ya ni mystique ni spiritualité dans ce domaine, c’est juste de la science. En effet le domaine de l’intelligence artificielle repose principalement sur la puissance des mathématiques, mais aussi de la statistique, de l’informatique, l’algorithmique, des neurosciences et bien d’autres domaines. On a vu émerger avec les recherches dans l’IA de concepts comme le machine learning et le deep learning (utilisé par Deepmind pour la programmation d’AlphaGo) qui font référence à un apprentissage de la part des machines et logiciels. Ils sont désormais capable de vous faire des recommandations d’amis ou de produits à acheter à l’instar de facebook et amazon, de vous proposer des résultats de recherche sur le web aussi pertinents que Google le fait, de reconnaître des formes, des visages et plus proche de nous encore la reconnaissance vocale sur nos appareils et le sytème de prédiction des claviers android qui anticipe sur le prochain mot que vous allez saisir. Magique ? Essayons de comprendre comment ça marche.

 

Le principe de l’IA

Il fut une époque où le principal défi était la quête de la performance : faire des calculs de plus en plus puissants ou encore gérer d’énormes bases de données. C’était l’époque des supercalculateurs et des gros systèmes de gestion de base de données. Mais avec le temps de nouveaux problèmes, de plus en plus complexes ont commencé à se poser. Des problèmes qui font appel à un peu plus d’intuition et de raisonnement+ tel qu’élaborer les profils de ses clients et leur proposer des offres adéquates, mais aussi et surtout le besoin de créer des systèmes autonomes capables de prendre eux même des décisions, de faire les bons choix et les meilleurs pour arriver aux objectifs visées. Donner aux machines la capacité de ‘raisonner’ en plus de leur grande capacité de calcul. C’est dans ce contexte que se développe l’IA. Son principe c’est de guider une machine, à l’image d’un enfant, dans ses prises de décisions et progréssivement, elle sera capable de choix de plus en plus optimaux. Par exemple pour une IA qui doit reconnaître des lettres écrites à la main, on lui présentera d’abord un ensemble de lettres auxquelles elle devra affecter une étiquette, dire si c’est 1, 2, A ou B. En fonction de sa réponse on lui dira ce qui vrai ou pas et c’est ainsi qu’elle apprend. Au fur et à mesure de l’apprentissage elle sera désormais capable de faire de bons choix, et ce de manière autonome.

 

Autonome mais jusqu’à quel point ?

À ce propos, il est important de distinguer deux types d’IA.

  • L’IA faible, qui est une IA développée pour la résolution de problèmes spécifiques. Par exemple chez Orange et MTN leur système de proposition de forfait mobile aux usagers en fonction de leurs profiles repose sur du machine learning, donc de l’IA. La plupart des IA aujourd’hui sont des IA faibles construites pour une tâche spécifique, jouer au go, conduire une voiture, reconnaître des visages ou encore faire des recommandations.
  • L’IA forte, qui est jusqu’à présent hypothétique, serait quant à elle capable d’une conscience et même+ d’éprouver des sentiments. Une telle machine pouvant reproduire ou simuler le comportement humain, couplée à sa forte puissance de calcul, suscite déjà beaucoup de débats et de questions avant même son apparition.

Mais au-delà des questions sur l’IA forte, les IA faibles quant à elles commencent déjà à faire couler beaucoup d’encre.

Imaginez qu’une Google Car fait un accident avec à l’issue plusieurs morts, qui en serait responsable ? Jusqu’à présent c’était le chauffeur, mais là il n’y en a pas. Le fabricant ? Difficile parce que la machine est supposée+ autonome et agit en fonction de ce qu’elle aura appris notament de son environnement et des ses expériences. Voilà le genre de questions auxquelles les sociétés vont désormais devoir faire face. Qui est responsible des actes que le robot pose, qui faut il blamer lorsqu’il agit mal ?

L’autre question c’est « que peuvent faire les hommes, quand les machines peuvent presque tout réaliser ? ». la société de conseil McKinsey a publié une étude portant sur les emplois menacés par l’intelligence artificielle. Sa conclusion : 45 % du travail effectué par les êtres humains pourrait être accompli par la technologie existante. Et ce chiffre pourrait encore augmenter avec des machines de plus en plus ‘intelligentes’. Alors les emplois pourraient être vraiment menacés surtout quand on pense que les robots eux peuvent travailler bien plus longtemps et plus inténsément que l’Homme.

L’autre problème c’est les applications militaires de l’intelligence artificielle : les armes autonomes, les drones intelligents. La différence avec les drones actuels (pilotés par des hommes) ou les missiles téléguidés ? Ce ne serait plus l’humain qui appuirait sur la détente mais bel bien la machine elle même. Ainsi c’est elle qui décidera de qui doit mourir ou non.

Voilà le revers de la médaille quand il s’agit de faire vivre ces ‘merveilles’ de la technologie et de l’évolution parmi nous. Mais au fond en valent ils vraiment la peine ? Le ‘progrès’ certes mais à quel prix ? Peut on en atténuer ou même encore supprimer les conséquences ?

L’avenir du monde appartient à tous et à chacun, à nous d’agir en conséquence.

par MBA MBOGNE

Post Author: mbambogne