Le numérique un enjeu national

Le Chef de l’Etat a donné le ton dans son Message à la Nation le 31 décembre 2015, en faisant de l’économie numérique un enjeu majeur pour notre pays. Pour le Président de la République, en effet,  « il nous faut rattraper au plus vite notre retard dans le développement de l’économie numérique. Celle-ci est un véritable accélérateur de croissance en plus d’être une véritable niche d’emplois pour notre jeunesse. Nous pouvons en tirer avantage pleinement».

L’économie numérique englobe les activités économiques et sociales qui sont activées par des plateformes telles que les réseaux internet, mobiles et de capteurs, y compris le commerce électronique et ne résume donc pas, contrairement aux idées reçues, à Facebook et à WhatsApp.

Elle apparaît aujourd’hui comme le secteur le plus dynamique de l’économie mondiale. L’économie numérique a représenté près de 30% de la croissance mondiale en 2013 et son taux de croissance est le double de celui de l’économie ordinaire dans la plupart des pays développés. Le numérique compte pour 40% des gains de productivité en France et selon le cabinet Mc Kinsey, il pourrait apporter 300 milliards de dollars au PIB de l’Afrique en 2025.

En effet l’économie numérique peut avoir un impact important dans la diminution des inégalités et la réduction de la pauvreté ceci en passant par :

  • le mobile Money et la dématérialisation des payements qui donne la possibilité à tout un chacun de payer en ligne, sans frontières et sans se déplacer tout en  offrant aussi la sécurité, avec la réduction des risques de braquage ou de cambriolage.
  • l’éducation en ligne et les plateformes de MOOC (Massive Open Online Course) qui permettent l’accès du plus grand nombre à des enseignements de qualité. Les TIC offrent, en effet, de nombreux outils et techniques modernes pour améliorer considérablement la qualité des enseignements
  • Le numérique peut également favoriser l’accès à des services de santé de qualité dans les grandes villes ou dans des zones reculées à travers la télémédecine.
  • L’E-gouvernance qui permettrait à tout citoyen d’accéder de manière flexible et rapide à tous les services de l’état (demande de passeport, de CNI, payements des impôts, dépôts de dossiers) ce qui entrainerait une réduction évidente de la corruption et un gain en productivité.

On pourrait ainsi multiplier ces exemples à l’infini, il demeurera une constance cependant : les pays africains qui ont très tôt placé les TIC au cœur de l’agenda de leur transformation économique, en tirent déjà des bénéfices importants. Mais qu’en est-il du Cameroun ?

Afin de rattraper son retard le Cameroun devra :

  • Premièrement : renforcer le back Bône national de fibre optique pour garantir l’accès universel à l’Internet haut débit
  • Deuxièmement : développer la production de contenus numériques. Nous ne devons pas seulement être des consommateurs de l’économie numérique. Nous devons aussi nous positionner comme producteur de contenus.
  • Troisièmement : renforcer la confiance numérique. Pour favoriser l’essor des services à distance et dématérialisés dans l’ensemble des secteurs de l’économie, il faut absolument garantir la sécurité des échanges
  • Quatrièmement : assurer l’éducation numérique des générations futures. Etant donné l’impact du numérique sur l’économie et sur la société de manière globale, il importe de donner une éducation numérique à chaque enfant pour garantir son insertion dans ce nouveau monde digital.

Par MBALLA MOYO ALBERT

Source : www.ticmag.net, Economie numérique : Quand le Cameroun se transformera, de Jean-Melvin AKAM, Secrétaire Exécutif de la Fondation MTN.

Post Author: MBALLA MOYO Albert Gabriel

élève ingénieur en cinquième année Génie Informatique à l'ecole nationale supérieure polytechnique de yaounde