Interview : Ingénieur Albert Hilaire Anoubon Momo, promotion 1991

Le 23 juillet 2016 s’est déroulé dans l’enceinte de l’École Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé (ENSPY) plus particulièrement à l’amphi 200, un évènement aussi grandiose que spécial dont le thème était porté sur <<le rôle de l’ingénieur dans la société>>. Grandiose par ce qu’il a été organisé par une cuvée d’ingénieurs aussi talentueux qu’expérimentés, celle de la promotion 1991 de l’ENSPY. Spécial parce que c’était non seulement un moment de partage d’expérience, de conseil mais aussi et surtout un moment de grande retrouvaille et d’émotion. Au cœur de cette belle initiative qui en passant a été grandement appréciée par le personnel de l’ENSPY, en occurrence le Directeur de cette dite École, le Professeur AWONO ONANA, les ingénieurs nouvellement sortis de l’École et bien sûr les étudiants encore en formation, se trouve un Monsieur qui la organisée en collaboration avec ses promotionnaires. Il s’agit de l’ingénieur polytechnicien Albert ANOUBON MOMO, promotion 1991 qui encore s’est montré ouvert en acceptant de répondre à nos questions.

albert_hilaire_anoubon_momo_0078_ns_700

Pouvez-vous nous dire une fois de plus, pour ceux qui n’ont pas pu assister à l’échange, qui vous êtes ?

Je suis Albert Hilaire ANOUBON MOMO, je suis ingénieur de conception, diplômé de l’Ecole Polytechnique de Yaoundé en 1991, mon option était Génie-Civil et Urbanisme et ma spécialité était Bâtiment et Travaux Publics

Qu’est-ce qui vous a poussé à penser à un tel évènement : celui de partager vos 25 années d’expériences avec vos fils pour ne pas dire cadets, de l’ENSPY ?

Nous avons voulu partager nos expériences diverses et variées avec nos cadets de l’école pour leur donner des repères et aussi les encourager dans les voies qu’ils choisiront. Nous ne nous présentons pas en modèles à suivre mais voulons donner à penser et à comprendre à des jeunes qui sans doute n’ont pas souvent des références pour se projeter dans l’avenir. Après 25 ans d’expérience, nous pensons avoir des vécus et des conseils qu’ils peuvent utiliser à bon escient.

Réussir à mobiliser autant d’ingénieurs parmi lesquels le ministre de la jeunesse, encore que pour la majorité, ce sont des directeurs voir même des chefs d’entreprises, n’a pas été certainement facile. Déjà quelles sont les difficultés éventuelles auxquelles vous avez fait face et comment les avez-vous surmontées ?

Les difficultés sont inhérentes à l’organisation d’un tel évènement. Il est difficile de mobiliser des gens qui ont des agendas déjà surchargés et de nombreuses responsabilités auxquelles ils ont à faire face. Mais le désir d’être ensemble et aussi de communier avec nos cadets fut le plus fort et justifie la présence massive des ingénieurs de la promotion 1991 à cette rencontre avec les élèves. Vous avez raison de souligner la présence du ministre de la jeunesse, lui-même de cette promotion 1991 qui en a profité pour transmettre son message aux jeunes qui sont si justement l’objet de son portefeuille ministériel.

Selon vous, quel est le rôle de l’ingénieur dans la société d’aujourd’hui ?

En notre temps, on disait de l’ingénieur qu’il était le vecteur du développement. Cela me semble toujours vrai. Il est certain que les ingénieurs seront la cheville ouvrière de toute action de développement dans un pays comme le Cameroun. Mais le monde dans lequel nous vivons présente des défis sans commune mesure avec ceux que nous autres avons connus à notre sortie de l’école. Je citerai une évolution technologique particulièrement fulgurante et une plus grande connexion a d’autres pôles géographiques du fait de ce que l’on appelle la mondialisation. Il incombe donc aux ingénieurs camerounais de s’adapter à cet environnement et de rester en tout temps et en tous lieux aussi compétitifs que possible. Le rôle de l’ingénieur sera alors d’être l’éclaireur et à l’avant-garde du développement de son pays.

Pour les futurs ingénieurs et ceux nouvellement sortis de l’ENSPY, quels conseils leur donneriez-vous d’une part pour ceux qui désirent directement êtres des employés et d’autre part pour ceux qui désirent être des employeurs ?

Mon conseil sera simple : rien ne doit vous empêcher de poursuivre votre rêve. Si vous croyez en vous-mêmes et si vous vous donnez les moyens (pas seulement matériels mais surtout intellectuels) de poursuivre vos ambitions, vous y parviendrez et saurez trouver l’astuce pour braver toutes les embuches et entraves. Facile à dire sans doute, mais en réalité, les trajectoires sont toutes différentes et très souvent ce qui à un moment donné peut sembler un obstacle pourra s’avérer plus tard une opportunité.

Qu’est-ce qui vous a marqué négativement comme positivement durant votre parcourt professionnel qui aujourd’hui s’étend déjà à 25 années ?

Positivement, je dirai la certitude que j’ai toujours eu les ressources intellectuelles nécessaires pour accomplir les missions professionnelles qui ont été les miennes. Négativement, je n’en ai pas vraiment car comme je le disais plus haut les obstacles sont si souvent des opportunités. Je dirai peut-être que j’aurai sans doute eu une plus grande satisfaction à apporter davantage au pays où je suis né.

À quel niveau de votre vie professionnelle, la formation que vous avez reçue à l’ENSPY vous a été d’une grande utilité ?

Difficile d’isoler un seul moment ou une seule période. Je pense que jusqu’à ce jour je continue à tirer parti de ma formation à Polytechnique ainsi que des autres formations reçues par la suite et de ma propre expérience professionnelle. C’est un tout en fait mais je serai toujours reconnaissant à notre école qui aura contribué à faire de moi ce que je suis aujourd’hui.

Comment faites-vous pour être recruté à USAID (United State Agency International Development) ?

Je réponds à une offre, je passe un bataillon d’interviews, plusieurs enquêtes sont effectuées puis je suis celui qui est retenu.

Permettez-nous, de terminer cette interview avec des questions un peu personnelles. Quel effet avez-vous ressenti lorsque vous aviez mis les pieds à l’ENSPY 25 années plus tard ?

Une réelle émotion, le plaisir de retrouver un endroit familier, la surprise de reconnaitre certains lieux et personnes et la curiosité de découvrir de nouveaux bâtiments et de nouvelles têtes.

Vous résidez actuellement aux États-Unis d’Amérique, êtes-vous de nationalité Américaine ou toujours de nationalité Camerounaise ? Qu’est ce qui a influencé votre choix que ce soit de rester Camerounais ou d’opter pour une nationalité Américaine ?

Hum !!! Question difficile ou plutôt délicate. Je suis de nationalité américaine mais je n’oublie pas mes origines camerounaises. Ce qui a influencé mon choix c’est un ensemble de plusieurs facteurs y compris la famille, l’épanouissement personnel, les opportunités et surtout le désir d’avoir une influence et un impact. A cause de ce dernier élément et des responsabilités qui sont miennes, je me considère davantage comme un citoyen du monde et je me réjouis d’avoir un impact et une influence sur la vie de millions de gens dans de nombreux pays à travers le monde.

Vous arrive-t-il la nostalgie du pays ou l’envie de rentrer investir au Cameroun ?

Ah oui, la nostalgie, on vit avec elle au quotidien. Heureusement il y a maintenant la technologie qui nous permet de rester en contact de façon quasi quotidienne. Investir, j’ai essayé sans succès mais peut-être le ferai-je encore. De toutes les façons, depuis quelque temps je reviens au Cameroun chaque année.

Qu’est-ce que vous aimez faire le plus quand vous êtes dans notre cher et beau pays le Cameroun ?

Passer du temps avec la famille et les amis.

On a tendance à dire que les polytechniciens ne pensent qu’à bien travailler au point où ils oublient les plus essentiels. Cela nous amène à vous poser comme question. Etes-vous marié ?

Oui et croyez-moi je ne suis certainement pas celui qu’on accusera de ne penser qu’à travailler.

Combien d’enfants avez-vous ? dans le cas où vous en avez, quel genre de père êtes-vous ou désirez être ?

J’ai deux filles âgées de 15 et 10 ans. J’essaie d’être un père affectueux et attentionné tout en veillant au respect des règles de discipline et de morale que mon épouse et moi inculquons à nos enfants.

Merci infiniment pour l’initiative que vous et vos promotionnaires aviez lancée, merci encore d’avoir accepté de répondre à nos questions. Nous espérons de tout cœur revoir vos actions dans des jours à venir. Bonne retraite à vous.

Merci et le plaisir a été mien.

 MBIDA Marc Anthony, Hello World!!!

 

Post Author: Team Hello World

1 thought on “Interview : Ingénieur Albert Hilaire Anoubon Momo, promotion 1991

    Boris FOTSA

    (11 août 2016 - 11 h 21 min)

    Très bel interview, extrêmement édifiant

Commentaires fermés.