INTERVIEW Dr MOUKOUOP

Pour cette édition de Hello World, nous allons à la rencontre d’un enseignant que tous les étudiants qui sont passés par le MSP ont eu à rencontrer. Il en a marqué certains, sûrement par son approche pédagogique assez particulière, notamment ses divers… Vous l’aurez devinez, il s’agit du Dr Moukouop Nguena Ibrahim, qui a bien voulu répondre à nos questions.

  1. Quel est votre cursus scolaire ?

Après le BAC j’ai fait Polytech, puis un DEA en Calcul Scientifique, et par la suite, un Doctorat en Informatique.

  1. Pouvez-vous nous donner votre parcours professionnel ?

J’ai commencé à enseigner à Polytech en 1998. A l’époque j’étais étudiant en 4ième année et je donnais le cours d’Informatique 1, les TDs d’Algorithmique au niveau 2 ainsi que des cours d’appui en diverses matières aux anglophones du premier cycle. Actuellement je suis chargé de cours en Mathématiques Appliquées, mais aussi en gestion de projet et en Informatique. Donc mon premier parcours professionnel est celui d’enseignant. Par ailleurs, je suis ingénieur informaticien quand même, et en tant que tel, j’ai travaillé un peu plus d’un an dans des entreprises de la place à savoir PSI et E2000 pendant que je faisais mon DEA. Après eux j’ai eu un contrat de consultant au bureau international du travail, contrat au cours duquel je crée mon entreprise MégaSoft, c’était en 2000. J’ai aussi été consultant à la CNPS. Aujourd’hui, je suis régulièrement consultant à la Banque Mondiale. Autre chose, je dirige Polytech-Valor depuis 2007. A titre d’information, Polytech-Valor est une société qui appartient à Polytechnique et qui a pour but de vendre tout ce qui est travaux d’ingénierie de Polytech à l’extérieur. Pour ce qui est du parcours professionnel, je pense que vous avez là les grands repères.

  1. Pourquoi avez-vous choisi d’enseigner ?

Pourquoi pas ? Vous savez, avoir comme unique repère l’argent qu’on est capable de gagner en exerçant un métier est d’après moi une mauvaise vision… Et même contrairement à ce que vous pouvez croire, le métier d’enseignant est un bon rempart pour ceux qui veulent créer des entreprises car leur offre des revenus décents et du temps pour s’occuper de leurs affaires. Quelqu’un disait que ce qui distingue les Hommes des animaux est que l’Homme rêve, et que ce qui distingue les Hommes entre eux est qu’il y en a qui réalisent leurs rêves. Je me rappelle quand j’étais en Terminale, on m’avait demandé ce que je voulais faire, j’ai mis Professeur de Mathématiques à l’Université et à un autre moment j’ai mis  ingénieur informaticien. Je pense donc juste avoir cherché à concilier tous mes rêves. Pour ce qui est de la motivation même, elle n’existe pas forcément. On peut décider de faire une chose juste parce qu’on veut la faire, sans motivation particulière. Pour ma part, j’aime les mathématiques, d’abord, donc je voulais être professeur de mathématiques à l’Université. Ensuite, pour moi, les mathématiques c’est quelque chose de formidable, ça permet de faire des choses pas possibles… Comme le dit souvent le Directeur, le monde est écrit en langage mathématique.  Etre capable de parler ce langage et de traduire le monde dans ce langage-là, c’est fabuleux. Enfin, c’est surtout le volet recherche qui m’intéressait, or il est, en général, difficile de les faire si on est déconnecté de l’enseignement.

photo_Dr_MOUKOUOP

  1. Quel est votre palmarès ?

Je vais parler de 2 ou 3 choses qui vont même vous surprendre… Peut-être voilà mon principal palmarès. Vous verrez rarement un ingénieur avec le président de la plus grande nation du monde, et avec celui de la plus grande nation africaine… Un autre palmarès serait que j’ai eu à gagner 2 fois le championnat de football quand j’étais étudiant : un en tant qu’entraîneur et l’autre en tant que joueur. J’ai aussi eu à remporter des championnats d’échecs, de dames, de basket… Donc voilà ce que j’aime bien considérer comme palmarès. Et aussi peut-être ce qu’on attend d’un étudiant, c-à-dire, valider toutes les UEs. Je fais partie de ceux qui ont tout validé en session normale.

  1. Pouvez-vous nous parler du CIMI ?

Le CIMI a été créé par le projet COMETES, projet de la coopération française avec le Directeur de l’école, qui va dans le sens de créer une interface entre l’entreprise et Polytech. Son objectif est simple : permettre à Polytechnique de vendre des prestations. Suivant le niveau de difficulté de la prestation, elle peut être confiée à un enseignant ou un étudiant.

  1. En tant que polytechnicien et entrepreneur, quels conseils donneriez-vous aux étudiants ?

La première chose est que chacun de vous seul connaît sa situation, donc faudrait éviter de faire des choses par mimétisme. Si vous n’êtes pas de ceux-là qui ont toutes les facilités, essayez de sortir de votre logique de fax où on ne cherche à rien comprendre mais plutôt à juste valider. La mondialisation change la donne. Le monde est en train d’évoluer vers une situation où la concurrence devient universelle. Polytech a tout le monde en compétition et il n’y a aucune raison qu’on vous prenne pour un poste alors qu’il y a des gens qui viennent d’autres écoles et qui sont meilleurs que vous. A l’école, vous avez plusieurs matières. Le plus important n’est pas d’être premier, ce n’est même pas de chercher à être moyen partout. Il y a des UEs où on vous demande 10 pour valider, cherchez vos 10 mais par contre, chacun doit se dire qu’il y a une ou deux matières où s’il faut citer des noms, on ne peut pas citer 3 ou 5 noms sans citer le sien. C’est-à-dire qu’il a un domaine là où il est bon, pas moyen mais vraiment bon. Quel que soit ta filière, il faudrait que tu aies un domaine où tu n’es pas moyen. Parce que quand tu sors, l’entreprise qui t’emploie a au moins un cœur de métier dans lequel elle ne cherche pas quelqu’un de moyen, mais quelqu’un de bon. Si tu n’as aucun domaine dans lequel tu es bon, tu risques trainer avant de trouver un emploi. Et bon ne veut pas dire savoir bien faxer. Ne soyez pas complaisant, cherchez à comprendre. C’est important. Comprendre à la limite est plus important qu’avoir les points. Le diplôme ne doit pas être vu comme une fin.

  1. Que pensez-vous de la formation d’ingénieur à Polytech ? Que proposeriez-vous pour l’améliorer ?

Je pense qu’il y a toujours des choses à améliorer, sinon on aurait atteint la perfection. Je pense que là c’est un tout autre challenge, l’administration s’en occupe. Mais je pense que c’est à vous les étudiants, réellement, d’agir pour que votre formation soit améliorée. Moi quand j’étais étudiant, j’ai été membre du bureau de l’AE, et nous avions suggéré à l’administration d’évaluer les enseignants et elle avait accepté. Nous avions mis en place l’évaluation de l’enseignant et on avait noté tous les enseignants qui exerçaient à l’école. On passait dans chaque salle et les étudiants notaient leurs enseignants. Après nous ça a disparu. En fait, une telle action, les étudiants doivent la faire parce que tant que l’enseignant n’a rien pour l’évaluer, il n’a même aucune raison de bien faire son travail. L’évaluation pour moi n’est pas un concours, on doit encourager l’excellence absolue et non l’excellence référentielle. Il ne s’agit pas d’installer une rivalité entre les enseignants mais de les encourager à faire bien. Donc ce que vous, étudiants, pouvez faire pour améliorer la qualité des enseignements serait de systématiser l’évaluation des enseignants, pour chaque semestre.

  1. Par rapport aux autres écoles d’ingénieurs du Cameroun, pensez-vous que Polytech tient sa place de leader ?

Je suis mal placé parce que j’avoue que je n’ai pas aujourd’hui la comparaison avec les autres écoles. Mais ce que je peux dire c’est que Polytech a un avantage de base par à la manière avec laquelle on sélectionne les étudiants à l’entrée. Elle est assez rigoureuse. Néanmoins, on a un handicap, c’est qu’on est pas aussi dur avec nos étudiants que le sont les autres écoles. Etre dur avec les étudiants les amène à être plus sérieux et à travailler plus dur. Ce qui fait qu’au final, même si au départ, les étudiants de Polytech sont supposés être meilleurs, à l’arrivée, je ne suis pas sûr qu’ils le soient.

  1. Il est de tradition, dans nos éditions, de terminer l’interview sur des questions un peu personnelles. La première de cette série étant : de quelle obédience êtes-vous ?

Je suis chrétien non aligné. Je refuse de me réclamer d’une quelconque division de l’Eglise. Je suis chrétien entièrement à part, et à part entière.

  1. De quelle tribu êtes-vous ?

Je suis Bamoun.

  1. Quel est votre statut matrimonial ?

Marié.

  1. Combien d’enfants avez-vous ?

03 enfants.

  1. Quel est votre plat préféré ?

Je n’en ai pas. Je ne me pose pas ce genre de question.

  1. Quel est votre fruit préféré ?

La banane.

Post Author: Team HelloWorld

2 thoughts on “INTERVIEW Dr MOUKOUOP

    radius

    (23 avril 2016 - 16 h 00 min)

    le savant!!!

    SAMKOMBLE Franck

    (26 avril 2016 - 7 h 58 min)

    Super riche et intéressant !!!

Commentaires fermés.