Interview de M. MBOUH Pryde

Sorti ingénieur informaticien à l’École Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé (ENSPY), M. MBOUH est aujourd’hui chargé de cours aux départements du MSP et d’informatique de l’ENSPY. Il fait partir des enseignants ayant marqué les étudiants de par sa vision de l’enseignement, raison pour laquelle Hello World !!! pour sa 3ème édition, a fait de lui son interviewé.

Quel est votre cursus scolaire ?
J’ai eu un bac C. Je suis allé en Faculté des sciences à l’Université de Yaoundé I au
département Informatique. J’ai fait le concours d’entrée à l’école Polytechnique à la fin de
ma première année, et j’ai eu. Après mon diplôme d’ingénieur 5ans plus tard, j’ai sollicité
une inscription en DEA à Polytech. Ils m’ont admis et 2 ans après, j’ai obtenu un DEA en
sciences de l’ingénieur option Informatique. L’année après, j’ai été admis en thèse et j’y suis encore.
Pourquoi avez-vous choisi d’enseigner ?
Pour garder le contact avec les jeunes étudiants intelligents. Les jeunes étudiants me
rappellent sans cesse les idéaux que j’avais quand j’étais comme eux. Cela m’aide à
maintenir l’espoir que le lendemain sera meilleur. Et puis, les étudiants de polytech sont trèsintelligents, quand vous êtes au contact de ces étudiants, vous restez « Up To Date » face à l’évolution des TIC. En outre, en étant enseignant, je participe au développement de mon pays en éduquant tous ses jeunes.

Dans l’édition du journal qui va paraître, nous abordons la notion d’économie
numérique. Que vous suggère-t-elle ?
L’économie numérique est un terme qui renvoie aux différentes activités qui utilisent les TIC
pour prospérer. Le Chef de l’Etat dans son message du 10 février dernier, nous a invité à
nous y intéresser, c’est une opportunité pour améliorer la condition de vie des jeunes. Nous ici à polytech, nous avons pris de l’avance avec l’e-learning (MOOC), les traitements des notes en ligne, les jeux de l’intelligence artificielle …
Depuis votre arrivée à l’ENSP, vous avez marqué toutes les promotions que
vous avez eu à encadrer. Certains vous surnomment même « le tueur ».
Qu’en pensez-vous ?
Quand vous m’avez demandé cette interview, je m’attendais un peu à cette question. Vous
savez, je suis un nouvel enseignant qui évalue avec des questions auxquelles les étudiants ne sont pas habitués, la difficulté chez les étudiants c’est qu’ils ne m’ont pas encore « cerné », mais ça ne saurait tarder avec le système de parrainage de l’école. En plus, pourquoi encourager le fax ? je voudrais développer en eux certaines compétences qui leur
permettront d’avoir un esprit plus ouvert.
De manière générale, les étudiants ont des difficultés à capitaliser les UEs que
vous dispensez. Quelles en seraient les raisons d’après vous ?
Mes Unités d’évaluations sont l’Informatique 3 (algorithme et programmation en C) que je
dispense en 2e année et l’intelligence artificielle dispensé en 3 e et 4e au Génie informatique. Pour ce qui est de l’Informatique 3, au département de MP, les 4 cours d’informatiques sont dispensés par 4 différents enseignants et ont des contenus qui ne s’enchainent pas. Ayant l’Informatique 3 et sachant que l’informatique 4 relève beaucoup plus des mathématiques appliqués, j’ai une obligation morale de mettre les étudiants à un niveau qui leur permettra de comprendre les concepts de l’orienté objet, avec lesquels ils commencent directement en département. Pour arranger cela, le contenu des cours des UEs d’informatique doivent être harmonisé au MP, surtout que beaucoup de choses sont vu au secondaire déjà. Quant-à l’intelligence Artificielle, c’est un problème de motivation. Les entreprises camerounaises sont beaucoup plus orienté Système d’Information, Réseau et Sécurité informatique. Il n’y en a pas faisant dans l’intelligence artificielle au pays. Et de ce fait, les étudiants ne manifestent pas beaucoup d’intérêt. Leur souci est juste de valider.
Une rumeur court selon laquelle vous n’enseignerez plus au MSP. Est-ce vrai ?
Pourquoi ?
J’ai entendu ça moi aussi, mais je ne crois pas que cela soit vrai sinon la Direction
m’en aurais informé. Je sais que je ne suis pas vraiment aimé des étudiants, mais
le fait de répandre de fausses rumeurs sur moi n’est pas le meilleur moyen de
résoudre le problème.
Que pensez-vous de la formation d’ingénieur à Polytech ? Que proposeriez-
vous pour l’améliorer ?
La formation d’ingénieur à Polytech est très bonne. Le problème ici est de savoir si
les entreprises au Cameroun sont prêtes à utiliser les ingénieurs de Polytech ? j’en
doute. Je n’ai pas encore eu l’occasion de mettre en pratique le tiers des notions
mathématiques, physiques et informatiques acquises à l’école après 10 ans sur le
terrain. Les ingénieurs de Polytech s’épanouissent beaucoup plus à l’étranger.
Pour améliorer la formation d’ingénieur à Polytech, il faut inclure les cours
d’entreprenariat. Si le pays ne dispose pas assez d’entreprises à la hauteur de la
formation des ingénieurs de Polytech, ceux-ci pourront en créer.
Par rapport aux autres écoles d’ingénieurs du Cameroun, pensez-vous que
Polytech tient sa place de leader ?
Parler de leadership suppose déjà d’avoir une idée sur la formation dans les autres écoles
d’ingénieurs, ce que je ne connais pas. Mais ce que je sais c’est que Polytech dispose de
beaucoup d’atouts.
Il est de tradition, dans nos éditions, de terminer l’interview sur des
questions un peu personnelles. La première de cette série étant : de quelle
obédience êtes-vous ?
Je suis chrétien, paroissien de l’église presbytérienne camerounais (EPC). Donc obédience
protestante.
De quelle tribu êtes-vous ?
Je suis banbalang, par Ndop.
Quel est votre statut matrimonial ?
Je suis marié
Combien d’enfants avez-vous ?
J’ai trois enfants, 2 filles et 1 garçon.
Quel est votre plat préféré ?
Tout ce qui est légume, de manière générale
Quel est votre fruit préféré ?
La papaye.

Interview realisé par Nadia NDJONGOUE 3GI et Rahimatou DAOUDA, 3GI

 

Post Author: Team Hello World