Arthur ZANG dans les bureaux d'HIMORE MEDICAL

INTERVIEW de ARTHUR ZANG

Pour commencer, pouvez-vous, en quelques mots vous présenter à nos lecteurs ?

Arthur Zang c’est un camerounais de 29 ans, ingénieur en Informatique, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé, promotion 2010. J’ai précédemment obtenue une licence en Informatique à l’Université de Yaoundé 1 en 2007. Et après l’obtention de mon diplôme d’ingénieur, j’ai continué mes recherches à Polytechnique et pendant un an j’ai travaillé à l’amélioration de mes travaux de mémoire, ce qui a donné lieu au CardioPad qui est donc cette invention qui m’a permis de créer ma première entreprise.

1.       Parlant de votre invention, le CardioPad, comment vous est venue l’idée ?

L’idée du CardioPad vient d’un mélange de curiosité et de hasard. A mon arrivé à polytechnique, j’étais déjà un assez bon développeur d’application et le domaine qui m’intriguais le plus était le domaine médical. Je décide donc de m’y investir à fond. En m’y investissant, je tombe sur un appareil,le Strub BCG qui permet de monitorer en temps réel l’activité cardiaque d’un patient. Du coup, je décide de développer un logiciel qui ferait la même chose ce qui m’amène à rencontrer le cardiologue Pr Kingue qui va m’apprendra toutes les bases du traitement numérique du signal cardiaque. Sous son encadrement, je fais mon stage pré ingénieur à l’hôpital général. Les résultats nous permettent de publier 2 articles dans la revue dans la revue camerounaise de cardiologie. Par la suite, le Pr Kingue me pose un problème : « j’ai des patients aux 4 coins du Cameroun ; le travail que tu as fait pendant ta première année de stage est très bien. Ne pourrais-tu pas penser à une solution qui me permettrait de les gérer à distance ? ». Je me mets donc à réfléchir à une solution qui fera l’objet de mon mémoire d’ingénieur. Par après j’essaye d’aller au-delà du logiciel et me mets à apprendre l’électronique sur internet. C’est pendant cette année de recherche que je pense à inventer le Cardiopad.

 

Quelle était votre vision en ce moment-là?

Je voulais juste être utile, résoudre un problème et apporter une solution. C’était passionnant pour moi.

Des sentiments comme la procrastination, la peur et le manque de confiance en soi ne vous ont-ils pas traversé  l’esprit?

Non pas vraiment, c’est vrai que j’ai toujours été bien encadré par Pr Kingué qui a tout fait pour me mettre en confiance, mais je le faisais pour apprendre d’abord, donc je n’avais pas vraiment peur de l’échec.

Beaucoup de jeunes hésitent à se lancer dans le monde de l’entreprise, préférant la sécurité que leur apporte un emploi. Qu’en pensez-vous ?

C’est effectivement une sécurité, je crois que chacun a ses idées, ses passions. Travailler ce n’est pas une mauvaise chose, parfois créer une entreprise demande aussi beaucoup d’expériences et certains créent leurs entreprises avec beaucoup de succès un peu plus tard. je crois que chacun a ses objectifs, et il faut juste s’y tenir.

Parlez-nous maintenant du CardioPad : quel est son principe de fonctionnement, ses fonctionnalités ?

Le CardioPad est un électrocardiographe,  un appareil permettant d’effectuer un examen du cœur. Pour réaliser cet examen, on pose des électrodes sur la tête, la poitrine, les poignets et les chevilles du patient. Les signaux sont récupérés, sauvegardés et traités par le logiciel du CardioPad. La fonctionnalité qui le démarque, est la possibilité de transférer le signal traité grâce au réseau de téléphonie mobile à un cardiologue à distance. A partir de son CardioPad ou de son smartphone, le médecin interprète les données et transfert son diagnostic et ses prescriptions au patient.

2.       Quel est son prix ?

Le prix est de 3000 dollars, soit environ 2 millions de FCFA pour le kit complet qui contient tous les accessoires et l’appareillage nécessaires.

3.       Qui en sont les acheteurs ?

Les hôpitaux et cliniques. On en a quelques clients au Cameroun, au Gabon et au Népal. On est en train de voir comment avoir plus de clients en Europe

4.       Comment avez-vous trouvé le financement pour le projet ?

Il y a d’abord eu l’apport familial et la Imagine Cup qui m’ont permis d’avoir les composantes pour assembler mon prototype. Après avoir réalisé et mis en ligne la 1ère vidéo de démonstration de mon prototype en Septembre 2011, il y a eu une petite émule, ce qui a mis les autorités au courant et c’est comme ça que le Président de la République m’alloue 20 millions de FCFA. Ce qui m’a permis de fabriquer les premiers CardioPad grâce auxquels je remporterai des compétitions.

5.       Quels sont les autres projets sur lesquelles vous travaillez en ce moment ?

Himore Medical travaille actuellement sur un appareil de monitoring à domicile, un appareil de poche, destiné aux personnes qui voudraient suivre leurs paramètres de manière permanente, soit parce qu’ils souffrent de maladies cardio-vasculaires, soit parce qu’ils veulent les éviter. Il permettra de transférer les paramètres de la maison du patient à l’hôpital ou au domicile du cardiologue…

6.       L’usine de carte magnétique, à quel niveau en est-elle et quelles sont les perspectives par rapport à celle-ci ?

On peut dire que le projet avance très bien, nous avons pu obtenir après dédouanement nos machines au niveau du port de Douala. Elles sont d’ailleurs déjà à l’usine. Elle est en plein aménagement, on a déjà fait les 80% puisqu’il y a déjà l’électricité. Le chantier avance et la prochaine étape sera celle de la formation des ouvriers qui vont utiliser les machines pour produire les cartes magnétiques.

7.       Ces cartes, quelle sera leur utilité ?

L’usine produira les cartes magnétiques et les cartes à puces qui toutes deux, ont énormément d’applications. On les retrouve par exemple dans le domaine sécuritaire, pour le verrouillage des portes très répandu dans milieu hôtelier, dans la santé avec les cartes médicales et bien. Nous comptons fournir plusieurs types de cartes pour des applications diverses.

 

8.       La conception électronique tarde à prendre ses marques aux Cameroun. Quelles en sont les raisons selon vous ?

Il y a plusieurs problèmes. On a d’abord un problème de culture parce qu’on n’a pas beaucoup d’ingénieurs électroniciens chez nous ou des personnes qui font dans l’électronique. Un autre problème est aussi qu’on a des entrepreneurs mais on manque de projets dans ce secteur à cause probablement des risques concurrentiels et les difficultés à trouver des fonds. Aussi, ceux ont des compétences dans le domaine manque souvent d’occasions pour les exploiter.

9.       Vous êtes l’un des jeunes de 30 ans les plus influents en Afrique. Qu’es ce que cela représente pour vous ?

Honnêtement, je n’ai pas encore réfléchi sur le sujet. Je ne dirais pas que c’est un objectif que j’ai cherché à atteindre donc j’ai un peu du mal à répondre à la question. En fait, moi je me contente d’apporter le meilleur de moi-même dans l’amélioration des conditions de vie de mes compatriotes. Mais toute fois ce n’est pas une mauvaise chose.

10.   Quels conseils pourriez-vous donner aux jeunes qui voudraient se lancer dans l’entreprenariat ?

Déjà la première chose c’est d’être persévérant, de se lancer dans l’entreprenariat avec une bonne idée. L’idée n’a pas besoin d’être très claire dès le départ, encore moins très développée et bétonnée. De toutes les façons c’est en améliorant l’idée qu’elle devient commerciale. Généralement, les bonnes idées découlent des problèmes ; plus le problème est important plus l’idée mise en œuvre pour le résoudre pourras être meilleur.

11.   Quels conseils avez-vous aussi à donner aux autres entrepreneurs dans le monde qui voudraient vous ressembler ?

J’aurais du mal à conseiller d’autres entrepreneurs parce que vous savez dans l’entreprenariat, chacun a son expérience. Je ne sais pas s’il y a des entrepreneurs qu’on peut considérer comme modèles. Mais moi par exemple ce que j’essaye de faire c’est de m’inspirer des autres, de m’améliorer, et jusqu’ici cela a porté ses fruits.

12.   Un message inspirant ?

Ce que je peux dire c’est que dans la vie, il faut d’abord croire en soi même. Avant de choisir un projet, d’abord vous poser des questions sur vous-même, si vous aimez ce que vous faites, qu’est-ce que vous aimez dans ce que vous faites. Une fois qu’on s’est compris soi-même, qu’on a été honnête envers soi, qu’on a trouvé sa passion dans la vie, on se demande comment es ce qu’on peut faire converger son devoir, sa passion et ses compétences. Je crois que c’est tout ça qui rend donc plus fort, plus utile dans la société.

13.   Votre rêve quand vous étiez plus jeunes ?

Les deux choses qui me passionnaient le plus avant étaient la médecine et l’armée.

 

14.   On dit souvent derrière un grand homme se cache une grande femme alors parlez-nous de la vôtre, et précisez au cas où vous avez des enfants.

Je ne peux pas vraiment vous parler de la mienne parce que c’est privé, et puis il faudrait que j’ai une autorisation vous voyez (en souriant). Mais bon, je suis un camerounais normal vous pouvez imaginer ce que ça veut dire.

 

15.   Avez-vous déjà joue à un sport? Si oui lequel  et à quel poste ?

Avant je jouais au football et j’occupais la place de défenseur.

16.    Quel est votre plat préféré?

Mon plat préféré c’est le Okok. Une fois que c’est bien préparé je trouve qu’il n’y a rien de meilleur.

17.   C’est quoi votre fruit préféré ?

Je dirais que c’est la goyave.

18.   Croyez-vous en Dieu ? Si oui, de quelle obédience êtes-vous ?

Bon je suis protestant de l’église presbytérienne. Evidemment je crois en Dieu.

19.   Quelles sont les valeurs les plus importantes pour vous ?

La loyauté, l’honnêteté, l’humilité.

1.       Dites-nous ce dont vous êtes le plus fier, puis votre plus grand regret.

Je dirais que c’est d’être resté le même malgré tout. Bon mes regrets sont surtout d’ordre personnels, ils ne sont pas du tout d’ordre académique parce que je crois que je donne déjà je meilleur de moi-même.

20.   Quel est le souvenir que vous aimeriez qu’on garde de vous ?

J’aimerai qu’on se souvienne de  moi comme quelqu’un qui a contribué à améliorer les choses et les gens

Post Author: Team Hello World