smart-city Africa

Et l’homme créa la ville…

<< “Hello world” “Hello world” “Hello world”! Ça résonne en boucle depuis à peu près deux minutes. D’un son aigu et désagréable mon horloge essaie ainsi de me reveiller. Il est intelligent, connecté à mon lit et est à même de savoir si je me suis levé ou pas. Le paramétrage en question c’est hier que je l’ai fait. J’ai tout interêt à me lever sinon il ne s’arrêtera jamais et en plus j’ai cours. Avant de m’appréter, comme chaque matin, j’appelle un taxi pour venir me prendre à 7h30.

Je fais des études de génie civil, le même domaine que mon grand-père. On s’entend bien et il a souvent l’habitude de me raconter comment était la vie à son époque. Apparemment le monde a beaucoup changé depuis qu’il est jeune, surtout dans les BTP et c’est toujours avec passion qu’il me raconte les progrès dans ce domaine.

Dans les années 2000, de nombreux “défi”, comme il aime bien les appeler, ont commencé à se poser : le rechauffement climatique, l’évolution démographique et la sécurité. Des problèmes qui ont pris une ampleur mondiale et qu’il fallait désormais prendre en compte dans le domaine de l’urbanisation. Il aime tout particulièrement me parler des attentats du 13 novembre 2015 à paris qui ont pris une dimension planétaire et de la cop 21 qui pour lui a été un excellent show médiatique autour du rechauffement de la planète. Selon lui, en dépit des discours politiques les vrais changements se sont fait par les “hommes de terrains”, tels que les ingénieurs comme lui.

Dans le domaine du civil par exemple, on s’est rendu compte pendant la même période que les bâtiments consommaient à peu près 40% de l’énergie mondiale tout en produisant 21% du CO2 global émis par l’activité de l’homme. Du coup s’est posé le problème de gestion efficace du bâtiment, dans le but de réduire sa consommation en énergie. Le concept a évolué et s’est incorporé à celui des “smart city” ou ville intelligentes. l’ère du “smart” est ainsi née. Ainsi on pouvait réduire la consommation en énergie du bâtiment en gérant efficacement ses ressources et en y produisant même de l’énergie. Le bâtiment est devenu “vivant”, avec un système qui y tourne et de la technologie de plus en plus poussée. Tout (ou presque) est devenu automatique entre la régulation du chauffage et de l’éclairage, la gestion de l’eau et de l’électricité. La sécurité s’est aussi beaucoup développée avec les systèmes  contre les effractions et ceux pour aider en cas d’incendie ou de nécessiter d’évacuation. L’électronique et l’informatique se sont invitées partout. Des géants de l’industrie se sont impliqués dans le marché en question et Siemens par exemple proposait déjà en 2012 Total Building Solutions, un système de gestion technique pour tout type de bâtiment. Il a été testé et donnait des résultats encourageant.

À cet époque, on ne voulait plus construire les bâtiments de manière isolée, mais sous forme d’écosystème où chaque édifice consomme et produit à la fois de l’énergie qui est réinjectée dans le réseau de la ville pour utilisation. C’est ce qu’on a appelé le Smart Grid. On les voulait aussi communiquant, avec un réseau intra bâtiment, des capteurs et actionneurs dans la plupart des pièces pour une gestion automatisée des différents équipements.

La mobilité dans les grandes villes était aussi une problématique importante car il parait que les embouteillages coûtaient beaucoup, rien qu’en France par exemple, en 2015 cela représentaient 28 heures* de perdu par chaque personne pour un coût total de 17 milliards d’euros**. Du fait de cette pollution, les voitures fonctionnant majoritairement à l’essence, l’électrique et d’autres formes d’énergies moins polluantes ont commencé à se faire de la place. Les grands constructeurs proposaient désormais des voitures hybrides, électriques, à hydrogène et la faible émission en carbone était devenu un gros argument de vente. Si bien que certains constructeurs ont même fait fraude pour écouler plus de produit. Le scandale Volkswagen (2009-2015), à l’époque premier constructeur automobile, est l’un de ceux qui a vraiment fait échos. Les voitures autonomes ont aussi pris un essor, l’un des pionniers aurait été Google, une “dot com company” née d’un moteur de recherche qui va plus tard se diversifier. Ces voitures étaient plus sûre en ce qui concerne les accidents et les premiers modèles tournaient à l’électrique. La tendance encourageait également les transports en commun, le covoiturage et petit à petit la notion de voiture en tant que service a commencé à se développer.

On commençait aussi à penser à l’usine du futur. Usine qui s’adapterait à la demande en temps réel, qui permettrait de savoir où, quand et comment a été fabriqué un produit. Usines avec des machines capables de contacter automatiquement un spécialiste lorsqu’il y’a une panne ou pour se mettre à jour. Des usines optimisant leur consommation et suffisamment flexibles pour permettre une fabrication pilotée en fonction du client et capable de personnaliser le produit (taille, couleur, type d’emballage).

Voilà à peu près comment auparavant on voyait la ville du futur, la “smart city”. Chaque fois que j’y pense ça me fascine, car cette vision de l’avenir a fortement impacté sur ce qu’est le monde à mon époque. Il est né de l’imagination de certains et beaucoup d’autres ont travaillé à sa réalisation. C’est vrai qu’au fil du temps la conception de la ville a beaucoup évolué, mais aujourd’hui on retrouve beaucoup de traces de ce que les contemporains de mon grand-père avaient pensé. >>

Ce récit sera peut être fait par quelqu’un dans l’avenir; le récit de notre époque, le récit de ce monde en pleine mutation dans lequel nous vivons à présent. Aujourd’hui nous pensons la ville de demain, demain nos successeurs la vivront. À nous de leur laisser un héritage digne de ce nom.(Les faits et événements historiques relatés ont bel et bien eu lieu.)

Par MBA MBOGNE

*lyonmag.com

**lefigaro.fr

Post Author: mbambogne