La 4G

Alors qu’Orange et MTN proposent depuis peu, les premières offres 4G pour le grand public camerounais, nous nous sommes proposé de rappeler ce qu’est la téléphonie mobile de quatrième génération.

La 4G ça vient d’où ?

La 4G (les initiales signifient quatrième génération) s’inscrit dans la suite logique d’une série de sauts technologique en matière de téléphonie mobile. En voici les grandes étapes :

  • Première génération : des échanges vocaux pour quelques fortunés

Ici le réseau de téléphonie est formé de plusieurs antennes qui émettent chacune des ondes radio pour permettre la communication entre les utilisateurs. Chaque antenne de ce réseau couvre de ses émissions radio une zone géographique donnée. Lorsqu’un téléphone entre dans la « cellule » (d’où l’appelation de téléphone « cellulaire ») couverte par les ondes radio émises par chaque antenne, il s’y connecte afin qu’elle lui attribue un « canal » pour passer ses communications. Les utilsateurs se partagent donc la bande de fréquence radio disponible autour de l’antenne: s’il y a trop d’utilisateurs, l’antenne peut donc être saturée.

 

  • Seconde génération (2G) : La voix et les SMS pour tous

En 1987 un consortium d’opérateurs européens met au point un nouveau standard de communication pour les mobiles : le Global System for Mobile Communication ou GSM. Et celui-ci a l’avantage d’être international. Chaque mobile est identifié par une carte SIM (Suscriber Identification Module). Toutes les données y circulent de manière numérique et les utilisateurs peuvent pour la première fois s’échanger des SMS. Par la suite, des améliorations technologiques telles que le GPRS puis l’EDGE permettent d’augmenter le débit de communication entre les téléphones et le réseau.

 

  • Troisième génération (3G) : L’ère du mobile communicant

En 2014, les premières offres de téléphones 3G sont proposées au Cameroun (2002 en Asie, 2004 en Europe). De nouvelles techniques de codage et de répartition des fréquences radio sur les antennes permettent de faire transiter un flux de données bien plus important. Désormais, les mobiles permettent d’échanger rapidement des photos ou de surfer sur Internet. Là encore, des améliorations technologiques  contribuent à accroître le débit.

 

  • Quatrième génération (4G) : Le multimédia en HD et en direct

2015 sonne l’arrivée du réseau 4G au Cameroun. L’architecture de ce nouveau réseau ressemble d’ailleurs beaucoup à celui d’Internet. Durant les appels, la voix ne circule plus sur le réseau téléphonique commuté (RTC) (comme c’est actuellement le cas lorsqu’on passe un coup de fil depuis un téléphone fixe ou un mobile) mais directement sur internet (voix sur IP). De plus, le réseau recourt massivement au multiplexage (faire passer plusieurs types d’information par un même canal). De ce fait, pour chaque Mhz opéré, la quantité d’information transmise est plus importante, ce qui augmente considérablement les débits, même par rapport aux générations les plus évoluées de 3G.

 

  • La 4G ça va vraiment plus vite ?

Oui. Ce que promet la 4G c’est de surfer avec une vitesse supérieure à celle qu’on connaît jusqu’à présent, mais inférieure à celle de la fibre. La 4G promet des transmissions de données à des débits théoriques supérieurs à 100 Mbit/s, voire supérieurs à 1 Gbit/s (débit minimum défini par l’UIT pour les spécifications IMT-Advanced ). En pratique, les débits sont de l’ordre de quelques dizaines de Mbit/s selon le nombre d’utilisateurs, puisque la bande passante est partagée entre les terminaux actifs des utilisateurs présents dans une même cellule radio.

 

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Ca sert à quoi ?

Des pages web qui mettent de longues minutes à s’afficher ; l’impossibilité d’envoyer de longues séquences vidéos d’un téléphone à l’autre… voilà autant de limitations de l’usage du portable que la 4G fera voler en éclat. Mais son atout maître est d’ouvrir la porte à de nouveaux usages : téléchargement de gros fichiers, visioconférence, diffusion en direct de vidéos en HD… Le 4G promet également un temps de latence très bas (30 millisecondes contre 80 en 3G+ ) et donc la possibilité de faire du « cloud gaming ». En français : vous pilotez depuis votre téléphone un jeu vidéo installé très loin de vous sur un serveur. Ainsi, nul besoin d’un portable doté d’une puce graphique sur-vitaminée pour jouer à des jeux aux graphismes exceptionnels.

 

Je peux y accéder avec n’importe quel mobile ?

Non. Il s’agit d’un nouveau réseau, qui fonctionne avec ses propres antennes et sur des bandes de fréquences bien distinctes de celles de la 3G. Pour profiter de cet internet mobile à haut débit il faudra donc non seulement changer de mobile mais aussi de forfait (et donc souscrire à une offre 4G) et, naturellement, se trouver dans une zone couverte par ces nouvelles antennes. A l’heure où nous écrivons ces lignes, on compte déjà beaucoup de mobiles de dernière génération compatibles avec cette technologie.

Par MBA MBOGNE

Post Author: mbambogne