INTERVIEW DU DIRECTEUR DE L’ENSP Pr AWONO ONANA : « Mon secret, c’est que je parle avec le cœur »

photo_prof_awono

Pour l’édition 5 du journal Hello World !!!, nous allons à la rencontre de LA PERSONNALITE de l’ENSP, le capitaine du navire Polytechnicien… le Directeur , Pr Charles AWONO ONANA

 

Quel est votre cursus scolaire ?
Disons que je vais commencer à partir du collège parce que l’école primaire je l’ai faite
dans mon petit village à Nkolkousebong au milieu de la forêt équatoriale. J’ai fait mon
premier cycle au Collège Jean 23 dans l’arrondissement d’Obala. Après le brevet, on m’a
envoyé au Collège Vogt, où j’ai eu mon bac C. J’ai fait mes études supérieures à Moscou,
en Mathématiques Appliquées.
2. Quel est votre parcours professionnel ?
J’ai été recruté à l’ENSP comme assistant, puis chargé de cours. Je suis passé maîtres de
conférences bien évidement. A Douala j’ai été Directeur de l’Institut Universitaire des
Technologies. Je suis ensuite revenu à Yaoundé en tant que Directeur de l’ENSP, poste
que j’occupe encore aujourd’hui. Je coordonne énormément de projets internationaux …
Mon parcours professionnel est donc centré sur l’enseignement.
Pourquoi avoir choisi l’enseignement ?
Il y avait beaucoup d’autres options certes mais voyez-vous depuis le collège Vogt avec
les enseignants que j’ai eu, j’étais convaincu que le développement allait passer par la
science et ses applications donc mon devoir après avoir fait un doctorat en science était
de transmettre ce savoir, de montrer un peu comment on applique ce savoir vis-à-vis du
développement.
4. Quelles valeurs sont les plus importantes pour vous ?
L’honnêteté et le travail car voyez-vous pour moi le génie c’est 5% de talent et 95% de
travail et associé à l’honnêteté on obtient de bon résultats.
5. Les étudiants vous trouvent très éloquent. Quel est votre secret ?
Mon secret, c’est que je parle avec le cœur.
 Quelle est votre vision pour l’ENSP ?
Ma vision pour l’ENSP est très grande. Nous travaillons à augmenter la crédibilité de
l’école sur le plan international et rendre nos ingénieurs compétitifs sur le marché de
l’emploi autant national qu’international.
Quel est pour vous le profil type d’un ingénieur sorti de l’ENSP ?
Un ingénieur sorti de polytechnique devrait être capable d’améliorer son environnement,
d’utiliser ce qu’il a appris à l’école pour en faire quelque chose de pratique ; par exemple il
devrait savoir en quoi peut être utile un théorème appris pour un commerçant de
Mokolo. Nous sommes déjà fiers de notre Arthur Zang pour son Cardiopad et tous les
autres sortis d’ici qui ont réalisés des projets. Il y a beaucoup de projets en cours tous
aussi intéressants. J’invite alors les autres à faire pareil.
 Que pensez-vous de la formation d’ingénieur à Polytech ?
Je pense qu’elle n’est pas mal. Le recrutement ici est très rigoureux que ce soit celui des
enseignants ou des étudiants. De plus, on fait le nécessaire pour améliorer
continuellement cette formation à travers divers projets. Ceci dit, nous sommes
pratiquement à la hauteur des autres écoles d’ingénierie dans le monde.
 Il parait que l’ENSP postule pour faire partie des écoles habilitées par la CTI
(Commission des Titres d’Ingénieur). Pensez-vous qu’elle remplisse les conditions
nécessaires ?
Oui, certainement. Nous sommes en train de travailler sur ce projet et sur beaucoup
d’autres similaires. Nous avons l’EPFL qui nous a déjà adoptée comme partenaire ainsi
que la collaboration de Polytechnique de Paris qui offre la possibilité à nos étudiants de
poursuivre leur cursus chez eux dans le cas où ils réussissent au concours.
 Pourquoi l’ENSP ne prévoit pas d’activités extrascolaires pour ses étudiants ?
Il faut éviter les habitudes de la formation africaine. En effet, il faut mettre les étudiants
dans des conditions leur permettant de pouvoir s’adapter à toutes sortes de situations que
ce soit sur le plan du travail comme celui d’une formation ailleurs.
Quel est le niveau d’avancement des projets que vous avez promis aux étudiants à l’instar de la construction d’un nouveau campus à Mfou et bien d’autres ?
Le terrain est déjà là, c’est un terrain de 60 hectares. Il ne reste plus que le titre foncier et
comme vous le savez les procédures sont longues et on ne saurait commencer à
construire sans. Vous savez on ne veut plus rester dans la logique de Polytechnique des
années 70 avec peu de départements. Il nous faut plus d’espace pour augmenter les
filières et répondre ainsi aux demandes du marché actuel pour ce qui est des ingénieurs.
Il est de tradition, dans nos éditions, de terminer l’interview sur une note un peu
personnelles. La première de cette série étant :
 de quelle obédience êtes-vous ?
Je suis très croyant, même si je ne suis pas à l’église tous les dimanches. Voyez-vous les
saintes écritures m’inspirent beaucoup. On peut lire dans la bible chapitre Genèse que le
seigneur dit que le premier jour il a créé le ciel et la terre et il s’est retourné il a vu que
c’était bon. On voit là le découpage de la tâche en étapes ainsi que le contrôle à chaque
niveau : c’est carrément de l’ingénierie.
De quelle tribu êtes-vous ?
Je suis Ewondo, donc Béti.
Quel est votre statut matrimonial ?
Je suis marié, 04 enfants.
Quel est votre plat préféré ?
La sauce jaune accompagné de taro.
Quel est votre fruit préféré ?
La mangue camerounaise.

Interview mené par DAOUDA Rahimatou et DJONGOUE Nadia, 3GI

Post Author: Team Hello World