Le mois de la Femme – Portait de quelques Femmes ingénieurs de l’ENSPY

                       Elles viennent d’horizons divers, appartiennent à des générations différentes et ont chacune un parcours unique en son genre. Leur point commun ? ce sont des piposes, des femmes fortes, travailleuses et déterminées ! à l’occasion de la semaine de la femme, Hello World dresse pour vous les portraits de 4 femmes atypiques, issues des 4 départements de l’école…

 

 

  1. Ing. NANA – Génie Civil promotion 1986
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    En jetant un coup d’œil à son bureau, il est facile de deviner que Mme NJIKE NGAMY Clémentine épouse NANA est une travailleuse acharnée. Sa coupe de cheveux courte et son tailleur nous suggèrent une certaine rigueur, mais son accueil chaleureux nous fait vite comprendre qu’au-delà du manager nous étions chez une femme très bienveillante.

    Famille. Deuxième née d’une famille de 8 enfants, Mme NANA a grandi et étudié dans son Ouest natale. Elle est mariée et mère de 4 enfants.

    Parcours Professionnel: Ingénieur en génie civil de la promotion 1986, Mme NANA s’est orientée vers ce corps de métier principalement grâce à ses aptitudes et sa grande passion pour le sujet. En 3ième déjà, elle est orientée en série scientifique par ses enseignants de par ses très bons résultats dans les matières . scientifiques. Il en est de même en Terminale lorsqu’elle présente le concours de Polytech. Elle sera admissible mais pas retenue. Mais elle est décidée à intégrer l’ENSPY et consacre l’année qui suit à préparer le concours. En même temps, elle s’inscrit en faculté de Mathématiques et Informatique de l’Université de Yaoundé. Elle est admise la deuxième fois qu’elle présente le concours à l’ENSPY en formation courte. Elle choisit de se spécialiser en génie civil parce qu’elle aime le travail au grand air, les chantiers et aussi parce que ses aptitudes le lui permettaient. Dès sa sortie, elle est recrutée au Ministère des Travaux Publics et y occupe aujourd’hui le poste de Chef de division de la Planification, de la Programmation et des Normes.

    Quand on lui pose la question de savoir pourquoi elle a opté pour une carrière dans la fonction publique, elle répond : «J’ai eu à demander conseil et j’ai opté pour la fonction publique par souci d’avoir une vie de famille stable. En tant que fonctionnaire, on a une meilleure flexibilité au niveau de la gestion de la carrière. Surtout que ma sortie était à la veille de mon mariage. Donc il fallait choisir la meilleure option et pour moi c’était la fonction publique et je l’assume. Et puis étant donné que quelque temps après ma sortie il y avait des années de crises économiques, beaucoup d’entreprises ont fermé, ce qui a fait que bon nombre de mes camarades qui étaient dans le secteur privé se sont retrouvés dans la fonction publique, mais nous qui avions opté pour cela dès le départ étions déjà bien avancés. »

    Défis. Pour elle, le premier défi auquel est confronté toute personne ayant un poste de responsabilité est de mener à bien son travail, de bien faire ce qu’on a à faire, et ce indépendamment qu’on soit un homme ou une femme. « Tout au long de ma carrière, je ne pense pas avoir particulièrement eu de difficulté parce que je suis une femme. Parce que les difficultés auxquelles je suis confrontée dans le cadre de mon travail ne diffèrent pas de ceux rencontrer par mes collègues hommes. J’ai aussi eu la chance d’être dans un ménage stable, donc je n’ai pas eu de souci particulier à cause de mon statut de femme. »

    Passions. « Il y a Dieu, la famille et le travail. Je suis une ancienne d’église donc autant que faire se peut, j’essaye de connaître la volonté de Dieu, de ne pas m’en écarter. Pour ce qui est de la famille, j’essaye de remplir autant que possible mes devoirs et pour le travail je donne le maximum possible. »

    Loisirs. Mme NANA fait du sport au moins une fois par semaine. Comme autre loisir, la cuisine, chaque week-end et s’il arrive qu’elle est « en panne de femme de ménage », c’est de manière spontanée qu’elle s’y met, quittes à se lever plus tôt. C’est aussi une amoureuse de la nature, elle aime respirer l’air frais de la campagne, la plage…

    À la question de savoir ce que représente pour elle la journée internationale de la femme, Mme NANA répond : « Pour moi, cette journée devrait être un moment où la femme s’arrête pour réfléchir à sa condition. Je pense que nous devrions saisir cette opportunité pour mieux nous faire entendre, parce que c’est important de savoir que notre voix compte. Pour ce faire, on devrait pendant cette journée, mener des actions concrètes et non verser dans les futilités. »

    Les conseils qu’elle donne aux filles de l’école sont les suivants : « Ayez la passion du travail bien fait, soyez sereines et confiantes et surtout écoutez les conseils de ceux qui étaient là avant vous. »

    Dates importantes

    Juin 1986 Sortie de l’ENSPY

    1986 Début au Ministère des Travaux Publics

     

     

  3. Ing. ATCHA – Génie Informatique Promotion 2005
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    Simplicité, douceur, détermination… Ce sont les mots qui nous viennent à l’esprit quand on pense à l’ingénieur ACHTA MAHAMAT Blanche Epouse BOUBAKAR. Ingénieur en informatique sortie de l’ENSPY en 2005, c’est avec beaucoup de plaisir qu’elle accepte nous raconter son histoire.

    Famille. Aînée d’une fratrie de 6 filles, elle a passé son enfance dans les régions de l’Ouest, Nord-Ouest et Sud-Ouest avant de revenir à Yaoundé où elle terminera le lycée. Agée de 34 ans, elle est mariée depuis près de 9 ans et l’heureuse mère de 2 enfants.

    Parcours Professionnel. Ingénieur en informatique de la promotion 2005, Mme BOUBAKAR a choisi ce métier et cette filière par vocation. Petite, elle s’intéresse déjà à l’électronique sous l’influence de son père. En 2nde, elle veut être pilote, mais elle est dissuadée par sa famille, « Non tu n’auras pas de vie de famille », lui dira-t-on. Elle cède, et s’oriente vers l’ENSPY. « J’ai eu la chance, dans ma famille, d’avoir un oncle qui avait fait dans l’éducation supérieure. Et il encourageait les filles à s’orienter vers des filières scientifiques. Ça n’a choqué personne que j’opte pour cette carrière. ».

    L’ENSPY, elle s’oriente vers le génie informatique, parce qu’elle a toujours le projet de faire dans l’aviation et présenter le concours de l’ASECNA. Mais là, coup du destin, avant qu’on ne lance le concours, elle soutient et est recrutée par la SNH pour s’occuper de la cartographie. Une nouvelle discipline s’ouvre à elle : la Géomatique. Là-bas, elle occupe le poste de Chef de Département Cartographie au Centre d’Informations Pétrolières.

    Défis. « À l’école déjà il fallait faire 2 fois plus d’efforts que les garçons, on était 5 filles pour 75 garçons donc on devait prouver que notre présence n’était pas un hasard. Et autre chose, j’ai eu beaucoup de souci de santé en 2ième année, donc ça n’a pas été évident… Sinon dans l’ensemble, nous étions bien intégrées pour ce qui est de nos camarades. »

    Dans le milieu professionnel elle est déterminée et à prouver qu’elle est capable et peut même faire mieux qu’un homme ! Et elle y est arrivée, elle s’est imposée et a gagné le respect de ses collaborateurs. « Le plus important quand on arrive en entreprise c’est de se faire sa place, de manière que quand on présente un travail, le supérieur se dise que non, c’est le travail d’un tel donc c’est forcément bien préparé ». Mme BOUBAKAR est de ceux qui pensent que le métier d’ingénieur n’est pas plus contraignant qu’un autre, « tout est un problème d’organisation ».

    Loisirs. « J’aime passer du temps en famille, avec mes parents, mes sœurs, mes neveux et tout… j’aime bien cette ambiance familiale. La lecture, les voyages aussi… à l’époque, j’aimais aussi tout ce qui est peinture, dessins, la pâtisserie aussi, mais aujourd’hui, ce n’est pas facile d’avoir du temps… ». C’est aussi une sportive, qui s’arrange à avoir 3 séances par semaine, les sports qu’elle pratique étant le Body-Step et le Body-Attack.

    Valeurs. La famille, c’est sa première valeur, elle aime être entourée des siens. « Moi je ne suis pas dans le principe de famille restreinte comme chez les blancs, je préfère la famille à l’africaine. C’est important. ». C’est aussi une femme attachée aux traditions, entre autres le respect des aînés, la politesse, la serviabilité. « J’ajouterais la sincérité, l’authenticité… parce qu’on a souvent l’impression d’être entourés d’acteurs qui jouent des rôles. J’apprécie aussi que chacun fasse sa part de travail. ».

    À la question de ce que représente pour elle la journée internationale de la femme, notre ingénieur répond : « Au Cameroun, je ne perçois pas trop cette journée. On s’intéresse plus au côté festif : aller au défilé, faire des journées gastro, des défilés de mode… c’est bien beau mais on a tendance à oublier le débat profond qui devrait animer la scène. Avec toutes les dernières éditions, les avancements ne sont pas assez palpables, ils existent mais on pourrait faire mieux. ».

    Comme conseils aux filles de l’ENSPY, elle dit : « Accrochez-vous, ayez vos diplômes mais ne perdez pas votre rôle fondamental sur Terre : fonder votre famille. L’école, les diplômes, le travail c’est beau mais la famille c’est important. Tout le monde devrait fonder une famille, avoir des enfants, leur inculquer des valeurs… C’est la seule chose qu’on laisse sur Terre en partant. Moi j’encourage les filles à se marier et à travailler ! ».

    Dates importantes

    Juin 2005 Sortie de l’ENSPY

    novembre 2005 Début à la SNH

     

     

  5. Ing MBANGO – Génie Electrique Promotion 1999
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              Un jean, un T-shirt et un sourire chaleureux, l’ingénieur MBANGO EBANDA Sylvie Marie Alice est loin du manager dans son accoutrement sophistiqué. C’est une femme pleine d’énergie et à la bonne humeur contagieuse qui nous accueille dans les locaux de HUAWEI.

    Famille: Mme MBANGO est issue d’une famille nombreuse, avant dernière d’une fratrie de 10 enfants. Petite, elle était un « garçon manqué », préférait la compagnie de ses frères et même si ces derniers la chassaient, ils la retrouvaient toujours avec eux. Oui quand elle a une idée derrière la tête, on ne l’arrête pas ! C’est même d’ailleurs un de ses frères aînés qui fera naître en elle de l’intérêt pour l’électronique… Elle est mariée et mère de 6 enfants, dont l’aîné est né pendant sa 4ième année à Polytech et les 5 autres sont, comme elle les appelle, « les enfants de MTN Cameroun ».

    Parcours professionnel: Ingénieur en électricité option électronique de la promotion 1999, elle a toujours su faire ses choix quant à sa carrière. Quand elle arrive à Polytech, elle sait qu’elle veut faire de l’électronique, comme son frère. C’est pour cela qu’elle s’oriente vers le génie Electrique. Mais son stage « ouvriers » en 2ième année aux Brasseries lui confirme une chose : elle ne veut pas travailler dans l’industrie, les grosses machines, la graisse… Non, « MBANGO n’est pas là ». Après son stage de 4ième année à INTELCAM (l’entreprise qui s’occupait de la téléphonie à l’internationale), elle a le coup de foudre pour les télécoms et décide d’y faire carrière (à l’époque la spécialisation en génie Télécoms n’existait pas encore à l’ENSPY). « J’ai commencé dans les télécoms, c’est pour cela que la plupart des gens croit que j’ai fait génie télécoms, j’ai appris à m’intégrer dans l’environnement des télécoms. En plus faut reconnaître que ce qu’on apprend à l’école nous donne l’ouverture d’esprit nécessaire pour faire tout ce que l’on veut après. ».

    En 1999, après sa soutenance, Mme MBANGO commence à CAMTEL Mobile et moins d’un mois plus tard découvre qu’elle est aussi recrutée à l’ART, nouvellement créée. Elle a navigué pendant deux à trois mois entre les deux et son choix est vite fait : elle ne veut pas passer son temps dans la paperasse, elle veut pratiquer !! Ce sera donc CAMTEL Mobile. Cette dernière va être rachetée en 2000 par MTN Cameroun. A MTN, elle commence en tant que Performance and Stats Engineer. Confinée dans un grand bureau « nyanga » à Akwa, notre ingénieur se lasse vite et demande qu’on la transfère à Bonabéri où elle pourra travailler avec les autres ingénieurs dans le cœur du réseau. Là-bas, elle passe AXEHLS Engineer, AXE étant un environnement de travail d’Ericsson et HLS pour High Level Support. En 2001, elle décide de rejoindre son époux à Yaoundé et 2 années plus tard passe Core Engineer, poste qu’elle occupera jusqu’en 2013. En cette année, MTN décide de départager le Roaming du cœur du réseau et il faut un ingénieur pour s’en charger. C’est ainsi que Mme MBANGO passe Roaming and Interconect Supervisor. « Je n’ai pas beaucoup évolué dans la hiérarchie mais je n’ai pas de problème, c’est mon choix, on ne me l’a pas imposé. J’ai décidé que je ne veux pas aller à Douala parce que j’ai une famille, parce qu’il faudrait que je reste auprès de Monsieur… Pour évoluer en hiérarchie, devenir manager et autres, il n’y a pas de position ici à Yaoundé, les positions sont à Douala, et on m’a proposé d’aller à Douala à plusieurs reprises, à chaque fois j’ai décliné la proposition. Mais seulement, ce que je fais me plaît, je trouve ça très passionnant, c’est vrai qu’avec l’usure du temps on se fatigue un peu, mais ça ne veut pas dire pour autant que ça ne nous passionne plus. Et sans me vanter, on ne compte pas beaucoup d’ingénieurs télécoms qui font dans le cœur du réseau ». Mme MBANGO a donc choisi ses deux amours, sa famille et son travail et depuis Septembre 2014, travaille pour HUAWEI en tant que Roaming and Interconnect Team Leader, étant donné que MTN Cameroun a rétrocédé les opérations à cette dernière.

    Quand on lui demande pourquoi elle a choisi ce corps de métier, qui pour l’opinion général est un métier d’homme, elle répond : « J’étais à la base orientée pour faire un métier qualifié de métier d’homme, parce que toute petite déjà, j’étais toujours sur les talons des garçons ».

    Défis « En tant qu’élève ingénieur d’abord… J’ai intégré le campus avec un engouement Herculéen en me disant que j’avais perdu beaucoup de temps en classe de Terminale. J’allais démontrer que j’avais du répondant. Les premiers cours m’ont fait redescendre sur terre… J’ai eu l’impression que le monde s’effondrait autour de moi et je pensais être perdue. Surement je serai la dernière de cette promotion, pensais-je. Ce qui m’a redonné le tonus c’est de voir qu’il y avait d’autres fille – parce que je me disais peut-être est-ce parce qu’on dit que c’est un métier d’homme que je ne m’en sors pas ? – S’il y a des filles plus loin, c’est que c’est faisable ! C’est comme ça que je me lance dans la bataille. ». C’est donc avec le courage d’une guerrière qu’elle se lance, faisant fi des railleries des garçons, les lessivant quelques fois. Oui, « on lave le linge sale à l’amphi et après on est dans le même groupe d’étude ! ». C’est avec ce moral qu’elle traverse les années à Polytech.

    Pour ce qui est du milieu professionnel, le premier défi auquel a dû faire face notre amazone était de s’intégrer à la philosophie masculine, étape qu’elle a surmontée sans trop de difficulté, compte tenu du fait qu’elle a carrément grandi dedans. Après vient celle de la reconnaissance, et quand on est une femme, ce n’est pas une mince affaire. Vivre les frustrations, des allusions du genre « elle est toujours en congés de maternité, toujours à l’hôpital, … » et là la témérité, l’obstination et le professionnalisme de notre hôte lui ont fait gagner le respect de ses collaborateurs et supérieurs, et pour ce qui est des allusions, elle sait bien se défendre ! « Les femmes font face à beaucoup de défis, mais c’est à elles de définir la conduite à tenir pour s’en sortir dans ce milieu qui est vraiment difficile »

    Loisirs « Les choses ont beaucoup changé, au jour d’aujourd’hui je ne suis plus sûre d’avoir de passion… J’aimais la lecture, j’aimais me balader, être en contact avec la nature, découvrir des lieux, des paysages… A ce jour, je n’ai plus beaucoup de temps à y consacrer. Lorsque je rentre le soir tard du travail, j’ai à peine le temps de m’occuper de ma famille. Cependant, quoi qu’avec l’usure du temps ça me fatigue, j’aime particulièrement conduire. Dans le cadre d’une mission professionnelle, J’ai eu à parcourir la distance Yaoundé-Kumba au volant de ma voiture avec beaucoup de plaisir »

    Valeurs « Premièrement, l’honnêteté. J’aime être entourée de personnes honnêtes. J’ai horreur des mensonges, je préfère qu’on me blesse en disant la vérité au lieu de me mentir… Deuxièmement, le pardon. Malgré tout ce qu’on peut subir dans la vie, il faut savoir pardonner. Nous sommes tous faillibles… Quant à l’intégrité, je pense que c’est la clé du succès. Donc l’honnêteté, l’intégrité, le pardon, oui, je trouve que ce sont des valeurs sûres, quand on les a, on peut se relever quel que soit la chute ».

    La dernière question qu’on a posé à Mme MBANGO était celle de savoir ce que représentait pour elle la journée de la femme et son air surpris nous criait « les filles, vous avez toqué à la mauvaise porte ! ». Sa réponse : « Vous voulez la vérité ?!… Rien du tout. Nous devons comprendre que chaque jour est notre journée. La femme est la mère de l’humanité. Les femmes donnent la vie, elles donnent une éducation à la base aux enfants (futurs hommes et femmes) les éduquent et qui font d’eux ce qu’ils sont. C’est la femme qui fait d’un homme un grand homme. La femme ne doit pas penser que parce qu’elle subit des injustices, parce qu’elle est considérée comme étant le « sexe faible », on doive lui accorder une attention particulière pendant UNE journée, 24 heures ! Ça représente quoi sur la durée d’une vie ?! Rien… Je pense quelque part que nous sommes la cause de nos malheurs puisqu’en principe, c’est nous qui inculquons aux hommes les valeurs qu’ils ont (Mère, fils). Mais je ne condamne pas celles qui fêtent cette journée. Vous savez, Etant de la gent féminine, je nous comprends. Je comprends nos faiblesses, je comprends nos manquements, je comprends nos frustrations (J’en ai d’ailleurs subies des montagnes…) et je comprends encore plus que certaines d’entre nous aient besoin de cette journée pour s’évader de leur quotidien qui est souvent morose, et de porter à la face du monde leur douleur, leur amertume, leur impuissance face à toutes les injustices qu’elles subissent. Je ne juge point. Soyons Femmes, heureuses de l’être, fortes comme toujours avec ou sans journée particulière à nous dédiée».

    Dates importantes

    17 Décembre 1972 Naissance à Batouri

    1999 Sortie de l’ENSPY et stage pré-emploi à CAMTEL Mobile

    2000 Début à MTN Cameroun

    2014 Début à HUAWEI

     

     

  7. Ing NGO YANMBOCK – Génie Mécanique Promotion 2007
  8.  

    Lorsque nous l’avons contacté par téléphone pour lui parler de l’édition spéciale, sa première réaction était de nous dire qu’elle n’était pas la personne qu’il nous fallait… Humilité c’est l’une des premières qualités de notre interlocutrice Mme NGO YANMBOK Augustine épouse MEKE. Son parcours et son histoire ont tout extraordinaire…

    Famille. Mme NGO YANMBOK Augustine est mariée et mère de 2 enfants. Orpheline de père depuis 18 ans, elle est, comme elle le dit, de la « génération des enfants des parents pauvres ». Mais son dynamisme lui a permis de faire la différence et d’arriver où elle est aujourd’hui.

    Parcours professionnel. Ingénieur en mécanique de la promotion 2007, son parcours professionnel a de quoi faire rêver… Tout commence alors qu’elle est en 4ième année, par un coup de fil d’un camarade un 14 février, qui lui demande son CV au plus vite, consigne de l’administration. C’est ainsi qu’avec 4 autres de ses camarades, elle se retrouve à passer un entretien à Douala avec SCHLUMBERGER, à la clé, une place pour représenter l’Afrique Centrale à la journée technologique de SCHLUMBERGER à Paris. Elle est retenue et s’envole pour 3 jours à la capitale française. Là-bas, elle ne manque pas de sortir du lot : sur près de 300 étudiants venus du monde entier, elle est la seule à produire un rapport de l’évènement ! Ce qui émeut profondément le responsable Afrique Centrale qui lui offre un stage de 2 mois au Congo. Elle y fait aussi son stage de fin d’études et est recrutée après sa soutenance, en Juillet 2007, pour travailler à SCHLUMBERGER Tchad. « En terme de parcours professionnel, je n’ai jamais travaillé au Cameroun. J’ai fait le Tchad, la Tanzanie, et là je suis à SCHLUMBERGER Angleterre. Présentement je suis en congés de maternité. Comme poste, j’occupe celui d’ingénieur en charges. ».

    Devenir ingénieur, à la base n’était pas son rêve. Elle ne savait pas ce que c’était. C’est par défi avec ses camarades de terminale qu’elle décide de présenter le concours. Quand elle réussit au concours, elle laisse tomber les prépas pour la fac de médecine que son frère voulait qu’elle fasse, non pas sans enthousiasme. Pour ce qui du choix de sa filière, elle nous dit : « Génie méca pou beaucoup de raisons… Déjà quand on était en 2ième année, on avait le feu Dr AMBASSA qui disait qu’il y avait 2 départements à l’école : le génie mécanique et le génie civil. J’ai toujours été une femme de terrain, du coup les génies info, télécoms et électrique ne m’intéressaient pas beaucoup, le génie industriel je savais pas trop ce que c’était. Je devais donc choisir entre méca et civil. J’ai choisi méca parce que quand on était en 2ième année, il y avait une journée qu’on appelait « journée de l’entreprise », où les entreprises se présentaient et j’avais été impressionnée par la présentation de SCHLUMBERGER. ».

    Défis. Quand notre jeune ingénieur arrive dans le monde professionnel, elle est confrontée à son premier défi lorsqu’un de ses techniciens Tchadien lui dit : « Ici, les femmes ne donnent pas d’ordre ». Elle dût s’adapter aux différences de cultures, surtout qu’elle a passé la totalité de sa carrière à l’international. « Il y a d’abord un défi culturel, ensuite un défi psychologique, celui de travailler dans un milieu exclusivement masculin, enfin un défi qui ne se limite à la femme ingénieur, celui des supérieurs qui vous font la cour, qui vous disent que si vous voulez garder votre emploi vous devez sortir avec eux… c’est un défi que vivent beaucoup de femmes au quotidien et la solution, pour moi était de montrer aux gens qu’avec ou sans eux, je pouvais faire mon travail. Ça veut dire qu’il faut maîtriser son travail, comprendre ce que l’on fait, avoir confiance en soi et en ses compétences… Parce que quand on sait ce que l’on vaut, personne ne peut nous faire trembler !»

    Loisirs. Mme NGO YANMBOK est une grande sportive et le sport lui a rendu bien des services. Quand elle était étudiante, elle pratiquait le football, le handball, le judo… Elle faisait partie de l’équipe de football de l’université lorsqu’elle est repérée par l’entraîneur de l’équipe de Judo qui la convint de faire ce sport. Avec cette discipline, elle remporta plusieurs trophées dont des médailles aux jeux U, et a pu subvenir à ses besoins d’étudiante. Le judo a aussi contribué à son recrutement puisque pendant l’interview qu’elle a eue avec le recruteur, elle a passé près d’une heure à parler de judo, ce dernier étant ceinture noire… « Aujourd’hui je fais beaucoup plus du sport en salle, de la marche. Quand je ne travaille pas et ne fais pas de sport, je découvre de nouveaux plats, qu’ils soient de ma région, d’une autre région, d’Afrique ou d’Europe… ça me fait plaisir d’apprendre à cuisiner. Et comme toute femme, j’aime m’occuper de ma famille, mon foyer… »

    Valeurs. « L’une des valeurs qu’on m’attribue est le dynamisme. Je suis quelqu’un qui s’arrange à être toujours occupée, je ne sais pas comment mais j’ai toujours plusieurs choses à faire à la fois. Une autre valeur que j’ai c’est le social. En général, je prends les problèmes des autres comme les miens, si je ne peux pas les résoudre, je cherche quelqu’un qui pourra le faire… donc dynamisme, travail, serviabilité ». Il est à noter que notre ingénieur a aussi occupé la fonction de présidente de l’association des filles de l’ENSP.

    Avenir. « Le problème quand on est une femme et ingénieur, c’est qu’à un moment, il faut choisir entre sa carrière et sa famille. Et moi je suis arrivée à ce carrefour… j’ai 10 ans d’expérience à l’international, et 10 ans c’est pas rien, c’est une carrière… Mon avenir, je le vois beaucoup plus axé sur la famille, tout en faisant évoluer la carrière, de sorte à atteindre un certain équilibre. »

    Etant donné qu’il s’agit d’un portrait pour l’édition spéciale pour la journée internationale de la femme, on ne pourrait terminer sans savoir ce que cette dernière représente pour notre hôte. Sa réponse : « J’ai passé ces 10 dernières années à l’étranger, la journée internationale de la femme dans notre pays est différente de ce que j’ai vu ailleurs. Je prends le cas de l’Angleterre, là-bas quand on parle de JIF, ce n’est pas un défilé, ce n’est pas un pagne. C’est mettre sur la table un problème pour que ceux qui gouvernent puissent trouver une solution. Au Cameroun, la journée est plus perçue comme une fête où la femme s’épanouie… Pour moi, la JIF ne doit pas s’arrêter à un pagne, à une célébration, il est vrai que nous les africains nous aimons la fête mais il faudrait qu’on aille un peu plus loin et essayons de poser des problèmes sur la table et d’y apporter des solutions de sorte à faire évoluer notre condition »

    Dates importantes

    02 Juillet 1984 Naissance à Douala

    Juin 2007 Sortie de l’ENSPY

    Juillet 2007 Début à SCHLUMBERGER

 
 
Rahi’matou Daouda – 4GI

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