UN JOUR PAS COMME LES AUTRES : Que s’est-il réellement passé ce 21 octobre à Eseka ?

Le vendredi 21 octobre 2016, le Cameroun a connu l’une des plus immenses catastrophes de son histoire : le déraillement du train Inter-City quittant la capitale politique en direction de Douala non loin de la gare d’Eseka faisant 79 morts et près de 600 blessés selon le dernier bilan officiel.
Depuis l’accident, de nombreuses questions agitent le pays, notamment au sujet de la responsabilité de la société Camrail, qui exploite la ligne Yaoundé-Douala, et sur la prise en charge des victimes et de leur famille. Nous faisons un point dans cet article.
Quelles pourraient être les causes de cet incident mortel ?
Un responsable de l’entreprise Bolloré, propriétaire de Camrail, a fait savoir que le train circulait à une vitesse excessive. « On a des éléments qui semblent montrer que le train était à une vitesse de l’ordre de 80-90 km/h dans des zones où il aurait dû être à des vitesses beaucoup plus basses », a précisé Éric Melet, président de Bolloré Africa Railways. Selon une source locale, le chauffeur du train aurait lui-même indiqué à la gare d’Eseka que le train ne pourrait pas freiner à l’approche de la station.
La surcharge du train est-elle en cause ?
Le président de Bolloré Africa Railways a affirmé que le nombre de wagons avait été doublé pour faire face à un afflux de voyageurs mais sans dépasser la capacité d’accueil maximum autorisée. Éric Melet a uniquement pointé du doigt un dépassement de la vitesse de circulation. Cependant plus de 1 300 personnes voyageaient à bord de ce train, où huit wagons avaient été ajoutés, suite à la coupure de l’axe routier Yaoundé-Douala dans la matinée, rendant impossible le passage en voiture entre les deux villes. Edgar Alain Mebe Ngo’o, ministre des transports a par ailleurs souligné en conférence de presse s’être félicité, sur le moment, de cette décision parce qu’elle permettait de proposer « une solution pour tous ceux qui voulaient prendre la route ».
Quand est-il de l’arrivée des secours ?
Selon les témoins sur place, les secours sont arrivés quelques heures après l’accident et avec des moyens très limités, relayant les populations d’Eseka qui avaient été les premières sur place. Celles-ci ont notamment prodigué les premiers soins sur place et emmené les premiers blessés dégagés avec leurs véhicules personnels, voitures ou motos.
La prise en charge des blessés est-elle effective ?
« J’ai pris les mesures pour que les soins médicaux aux victimes soient pris en charge par l’État », a par ailleurs déclaré le chef de l’État, Paul Biya. Selon des témoins dans les hôpitaux de Douala, les frais de santé sont désormais totalement payés par l’administration, même si ce système a eu du mal à se mettre en place dans les premières heures. Les coûts d’hospitalisation devraient également être en partie pris en charge par la Camrail.
Quelles enquêtes ont été lancées ?
« J’ai ordonné une enquête approfondie pour identifier les causes de cet accident », a assuré Paul Biya, le chef de l’État, à la télévision publique dimanche 23 octobre. Plusieurs ont en réalité déjà été lancées. Au-delà d’un volet interne au sein de Camrail, le parquet de la Cour d’appel, dont dépend la ville d’Eseka, a indiqué mardi 25 octobre qu’une enquête judiciaire conjointe police-gendarmerie avait été ouverte.
Paul Biya a également signé mardi 25 octobre un décret portant création d’une commission d’enquête, présidée par le Premier ministre et constituée de ministres ayant en charge les questions de sécurité. Des officiers de la police judiciaire ont notamment procédé à l’audition du conducteur du train.
Inter-City sera-t-il de retour sur les rails joignants Yaoundé à Douala ?
Le ministre des transports, ainsi que l’un des responsables de la Camrail confirment bien que le train fera de nouveau ses pas sur les rails dans un futur proche.
BIKOLA, 5GM

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