Interview : Dr Ing Bertrand TCHAMWA, ingénieur polytechnicien, vice président d’une multinationale Américaine

Pas spécial, ni le plus doué dit-il, mais il a pu se hisser là où la majorité n’est pas arrivée. Mahamadou, un handicapé dont le carrefour warda (à Yaoundé) est devenu le domicile, est l’un de ses amis ; quand il est au pays il n’hésite pas à aller à sa rencontre avec ses enfants, pour l’aider à obtenir quelques pièces des passants. Dit-il, c’est sa façon d’apporter de l’espoir à cet ami défavorisé mais aussi de se rappeler que l’humilité et la simplicité sont fondamentales dans l’équilibre des membres de la famille Tchamwa.

Unique en son genre de par ses convictions, sociable, charitable et surtout doté d’une humilité incomparable, cet ingénieur électromécanicien de la promotion 1990  de l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé (ENSPY) a connu un parcours aussi riche que surprenant vu les défis qui ont été siens. Aujourd’hui vice-président d’une multinationale basée aux USA, il occupe avec peu de doute, le plus grand poste de tous ses promotionnaires pourtant il n’était pas parmi les plus brillants et studieux de sa promotion. Comment a-t-il fait ? Quel est son secret ? Chance ou destin ? Déniché lors de la conférence organisée par la promotion 1990 à l’ENSPY le 19 décembre 2016, nous vous proposons d’aller à la découverte de  ce mystérieux ingénieur

Pouvez-vous nous dire qui êtes-vous ?

Je suis Bertrand TCHAMWA, produit de la  Promotion 1990 de l’ENSPY, en général on m’appelle en Amérique DBT pour Doctor Bertrand TCHAMWA. Je suis né à Nanga EBOKO au Cameroun, j’ai fini mes études secondaires au Lycée Général Leclerc, puis je suis entré à Polytechnique où je me suis spécialisé en électromécanique.

Parlez-nous de votre parcours après votre diplôme d’ingénieur ?

Après mon diplôme d’ingénieur à l’ENSPY, je n’ai pas eu de boulot à cause de la crise économique qui secouait le pays. Après avoir postulé sans succès pendant un (1) an, j’ai commencé à faire comme beaucoup d’autres diplômés désœuvrés à l’époque : donner des cours de Maths et de Physique dans les collèges privés de la place.

Un (1) an après, je suis allé en France, à l’École Centrale de Nantes où j’ai fait un diplôme d’étude approfondie et après un doctorat de Mécanique Calcul des Structures. Pendant que je travaillais sur ma thèse de mécanique, j’ai fait face à un problème de mathématique qui n’avait pas encore trouvé de solution acceptable pour mon sujet de mécanique et j’ai développé une méthode (« Méthode Tchamwa » disponible sur ici) d’intégration numérique. Cette méthode m’a donné droit à poursuivre une thèse de doctorat en Mathématiques.

Pour moi, cette période d’étude à L’Ecole Centrale en France a été décisive pour le reste de ma carrière et de ma vie. J’étais pauvre, pauvre tout court !!! Je n’étais pas boursier,  mais ma foi…j’ai réussi à survivre et fais vivre d’autres personnes.

J’ai fait tout genre de petits boulots imaginables,  j’ai été videur de discothèque parce que je suis costaud et maitre d’arts martiaux (en souriant), agent de sécurité pendant les soirées, garde rapproché des personnalités, gardien de nuit, plongeur dans des restaurants, agent d’entretien à laver les sols et WC des bureaux, éboueur…pour ne citer que ceux-là ! J’ai pendant certains hivers, passé des nuits dans ma vielle voiture garée dans des parkings extérieurs enneigés car incapable à la fois de payer un loyer et de subvenir aux besoins de ceux qui comptaient sur moi financièrement en Afrique!

Pendant cette période, j’ai appris à ne compter que sur moi et rien d’autre ! J’ai appris à ne pas me plaindre mais à être tenace et décidé. J’ai découvert l’humain sous plusieurs de ses formes jusqu’alors de moi méconnues, le racisme viscéral, sournois et naturel ; l’hypocrisie inconsciente ; la xénophobie déplacée mais aussi la bonté réelle et désintéressée, la lutte pour une cause, l’amour du travail bien fait, la rage de réussir et de vaincre… !! Je suis devenu moi : un très fier guerrier africain, un bantou qui ne recule pas et qui gagne, un humain épris de justice qui essaye de s’améliorer dans la pratique la « bontologie » !! Je dirai qu’en France, j’ai finalement appris à devenir un AFRICAIN véritable!!!

 

À quel moment vient le break ?

Pendant  ma thèse, j’ai travaillé pour le bureau d’étude de l’École Centrale qui offrait des prestations à des entreprises dans le domaine du calcul des structures, j’ai ainsi eu à travailler entre autres sur le dimensionnement des trains, des bateaux, des automobiles… pour plusieurs entreprises telles que Alsthom, Renault, Peugeot, BMW, FIAT, Mercedes…

Bertrand Tchamwa en plein reunion

Il faut avouer que le climat socio-économique ambiant en France n’était pas du tout propice à l‘intégration d’un noir, très fier, sérieusement qualifié et avec du caractère… Je vous passe les inepties, aventures et mésaventures que j’ai vécues en tant que noir dans ce pays la France que pourtant mon éducation au Cameroun m’avait appris à aimer et à respecter…

En bref, très frustré en France et n’acceptant pas une autre défaite après celle subie au Cameroun, j’ai finalement accepté l’invitation d’un professeur Américain  que j’ai rencontré pendant une conférence ou j’intervenais.

Je suis allé aux USA en tant qu’Associé en Post Doctorat à l’Université d’Akron dans l’Ohio où nous avons travaillé beaucoup pour Goodyear, le numéro 1 mondial du pneu!

Et à partir de là… le rêve américain s’est présenté au jeune bantou aux dents aiguisées !!! J’ai reçu des propositions d’emploi de chacun des Big 3, Ford, GM (General Motor) et Chrysler car ils avaient besoin de talents, de résultats et étaient plus intéressés par le RSI (Retour Sur Investissement) que par la couleur de la peau ou par qui on connaissait. C’était mon rêve… enfin le gars qui n’a même pas pu décrocher un boulot à la Sonel de Makak… car il ne connaissait personne, ni un boulot en France car trop noir…ce gars se retrouvait sur un boulevard ouvert où la limite était celle de son talent… à l’époque !! J’ai foncé dans le tas, tête basse, j’ai bossé dur, j’ai délivré des résultats qui m’ont démarqué de la masse d’ingénieurs!!!

J’ai choisi de travailler pour Ford Motor Company à cause de la philosophie humaniste et avant-gardiste, de l’illustre HENRY Ford qui est toujours pour moi l’exemple à suivre !!!!

A Ford aux USA, j’ai tour à tour occupé les postes d’Ingénieur, de Superviseur d’Ingénieur, de Manager en Ingénierie et de Chef Ingénieur. A Ford, je suis devenu un excellent Ingénieur Automobile ; je suis passé par plusieurs départements de la conception à l’assemblage final, j’ai maitrisé un métier  et je l’ai compris !!! J’ai aussi compris que je pouvais tout maitriser… A Ford, je me suis aussi formé aux techniques  d’amélioration continue « Lean et Six Sigma », je suis devenu Master Black Belt en Six Sigma (DFSS, DMEDI & DMAIC) et Expert en Lean Manufacturing et Lean Management !!

En 2006, le secteur de l’automobile avait commencé à décliner; j’ai accepté la proposition du PDG de Dow AgroScciences qui me proposait à le rejoindre pour l’aider à reconcevoir les processus de l’entreprise en vue de l’augmentation de la productivité et booster le chiffre d’affaire ; j’ai accepté le challenge au grand dam de mes collègues de Ford où j’avais pourtant un avenir assuré !!

Nous avons délivré un succès éclatant à Dow AgroSciences où j’étais Global Director de la Productivité et ceci m’a valu d’être copté par Dow Corporate pour devenir Corporate Director of the Lean Enterprise pour Dow Chemical Company, la première entreprise chimique des USA !! Apres avoir délivré d’excellents résultats à Dow Chemical (Excellente Compagnie), j’ai  été copté par le PDG de SealedAir où je suis Vice President of Manufacturing & Operational Excellence avec plus de 13 000 employés dans mon département travaillant sur  4 continents.

 

Qu’est-ce qui vous a motivé à partager vos expériences avec les élèves ingénieurs de Polytechnique ?

Bertrand Tchamwa au bresil

Vous les petits jeunes, êtes très certainement plus intelligents que moi, plus vifs que moi et mieux câblés que moi ; tout ce que j’ai de plus que vous est mon vécu, mon expérience ; à qui serviront ils si je ne vous les transmettes pas pour que vous ne repartiez pas de Zéro !!! Nous avons TOUS le devoir de protéger notre terre, notre prochain, de faire avancer la société dans la recherche du bien pour tous… mon devoir est de vous donner ce que j’ai appris pour que vous fassiez, j’en suis certain, beaucoup mieux que moi qui ne suis qu’un médiocre !!! C’est un bonheur de discuter avec vous ; cela me rappelle le Viel Africain (dans Mahamadou et Bineta) qui assis au pied du baobab (maintenant coupé et donné aux occidentaux contre de la pacotille…), entouré de jeunes, leur raconte les fables et histoires qui résonnent dans nos ADN !!! Vous êtes ma fierté et votre réussite est mon bonheur, je continuerai à exister au travers de vous!!! Il est de mon intérêt que vous réussissez et brilliez  pour le bien de notre Afrique et de l’humanité !!! Je suis à votre service!

Je suis de ceux qui pensent que pour s’accomplir en tant qu’être humain, il faut faire avancer l’humanité, il faut donner sans calcul, il faut être généreux, il faut aider des inconnus et ne rien attendre en retour !!!

Mon père, le Viel Africain digne et noble, me disait de son vivant : « Mon fils,  il faut absolument faire le maximum de bien, partout et sans répits, a autant de personnes que possible !!!». Il le faisait et j’essaye de mon mieux de l’imiter en lui obéissant avec fierté!

J’essaye avec joie, de respecter les enseignements de mon père et de nos ancêtres africains !!!

L’un des mots les plus récurrents au Cameroun actuellement est entrepreneuriat, que vous suggère-t-il ?

L’Entrepreneuriat est naturel, des Hommes ont cette habitude d’essayer de faire ou de découvrir des choses. C’est cela qui conduit à l’entrepreneuriat, mais le problème qui se pose généralement dans le contexte Africain est que cet entrepreneuriat naturel est tué par le système car ce dernier ne  vous pousse pas à entreprendre. En y réfléchissant, il n’était pas recommandé d’être entrepreneur à succès au Cameroun car plus il y a d’entrepreneurs, plus il y a de boulots indépendants du gouvernement…qui peut se sentir menacé car voulant tout contrôler… rappelez-vous de la révolution française, c’était en fait une révolution bourgeoise (entrepreneurs fournissant des emplois au peuple) contre la noblesse (fainéante et jouisseuse)… Imaginez un pays en Afrique avec des entreprises indépendantes et fortes… les gouvernements ne seraient pas tranquilles… et pourtant, aucun gouvernement ne peut réussir sans le secteur privé, ils doivent travailler ensemble !!!

Maintenant qu’on parle entrepreneuriat, c’est très bien, mais j’ai peur que ce ne soit une fois de plus qu’une illusion. Des idées de projets ne manquent pas, rien ou presque rien n’est fait en Afrique, tout est à faire. Pour favoriser entrepreneuriat, le gouvernement devrait créer de conditions propices à son expansion comme la facilitation des prêts financiers, la réduction des taxes, la mise en relation des capitaux et de la technicité, la réduction de la bureaucratie, la réduction de la corruption systémique, le contrôle des importations… La réussite de entrepreneuriat est un des résultats d’un processus conçu et exécuté… pas un slogan de fonctionnaires sans aucune idée de ce qui est un cahier de charges ou un balance sheet et qui n’ont jamais géré un centre de Profit et Perte.

A  la décharge de nos gouvernants, il y a cette ignoble et affreuse injustice qui nous est imposée par l’utilisation du F CFA qui nous maintient en état d’esclavage permanent avec pratiquement pas de possibilité de lever des fonds pour soutenir un véritable entrepreneuriat africain dans la zone FRANC !! A mon avis, partagé par plusieurs africains et étrangers, le FCFA, cette monnaie Nazie (car copiée sur le modèle imposée à la France vaincue par l’Allemagne pendant la deuxième guerre « mondiale »), et ses contingences, doivent absolument disparaitre si nous voulons sincèrement développer notre entreprenariat !

Vous vous rapprochez déjà au sommet de votre carrière, est ce que la formation que vous avez reçue de l’ENSPY vous a été d’une grande utilité ?

Comme je l’ai déjà dit, je me suis découvert quand j’ai face à des difficultés devant lesquelles je n’avais pas le droit de reculer car la famille avait investi en moi ; j’ai appris à me connaitre, j’ai découvert mes faiblesses et mes forces, j’ai dominé mes peurs et j’ai acquis la rage de vaincre, c’est ce qui me permet d’être l’humain que je suis !

Polytech a contribué  à ma réussite sans doute car il fallait à l’entrée battre les autres au concours où à l’époque on acceptait 48 sur des milliers de candidats ; ensuite, on avait 52 heures de cours environ par semaine et des tests tous les samedis pendant les premières années avec une moyenne minimale acceptable de 12/20… C’était très chargé et très dense ! On devait bosser comme des bourrins pour y arriver et on l’a fait au prix d’innombrables nuits blanches et autres…

Ceci m’a formé et m’a appris que j’avais les ressources pour exceller et me dépasser si je le voulais aller les chercher et que personne n’était meilleure que moi dans le fond !!

Ceci dit, à Polytech ou dans une autre école respectable, on apprend la flexibilité du raisonnement, on laisse divaguer son esprit dans des domaines virtuels, des espaces ou zéro peut être non nul… c’est fabuleux !! On arrive à poser des hypothèses, à les tester d’après des lois virtuelles et à tirer des conclusions !! C’est fantastique !!! Ceci, je l’ai appris au lycée, à Polytech et à l’Ecole Centrale à qui je dois une fière chandelle car sans elle et sans  Polytech, rien n’aurait été possible!!!!!

Oui, être formé à Polytech m’a été d’une grande utilité tout comme les nombreuses heures passées avec ma maman  lorsqu’elle m’apprenait à lire et à écrire ont été fondamentales pour moi et l’excellente formation obtenue à l’Ecole Centrale a été décisive!!!.

 

Vous êtes doté d’une grande expérience, vice-président d’une multinationale, avez-vous déjà pensé à rentrer investir au Cameroun ?

Bien sûr que oui !!! Mais le Cameroun est très difficile pour moi, je n’ai même pas pu avoir un boulot à la Sonel de Ntui… (rires)… heureusement pour moi… j’y serai encore…

Sérieusement…J’ai une petite entreprise à Yaoundé qui bien que perdant de l’argent, emploie déjà plus de 72 camerounais. J’ai en effet ouvert une clinique et un laboratoire d’analyses et d’imageries médicales (Le CIAB EXACT derrière l’Omnisport) super équipé d’automates de dernière génération, avec des médecins de toutes spécialités.

Je suis allé voir mon cadet à Polytech le Ministre Mounouna qui m’a conduit chez notre ainé le Ministre Mama Fouda ; les 2 m’ont prodigué des conseils et m’ont rappelé que le Cameroun a plus que jamais besoin de ses enfants et qu’il ne fallait pas s’arrêter aux barrières fictives des jongleurs de basses classes mais plutôt penser à travailler pour le développement réel du Cameroun et qu’ils étaient présents en cas de besoin!!!

Donc je suis revenu au pays, et j’ai créé des emplois…. indépendamment de l’état.

 

Permettez-nous de terminer l’interview sur des questions un peu personnelles.

Quel effet avez-vous ressenti en revenant à l’ENSPY plus de 25 ans après ?

Bertrand Tchamwa avec ses promotionnaires de 1990

Déjà ce n’était pas la première fois que je venais à l’École après mon diplôme d’ingénieur, il y a quelques années (2010-2011), j’ai participé avec mes promotionnaires de l’ENSP 90, à un don de 20 ordinateurs qui vous ont été offerts. Chaque fois que je remets mes pieds à l’ENPSY, je ressens une sensation particulière et mitigée.  Je suis très heureux en revoyant les mêmes vieux bâtiments dans lesquels nous avons été formés, je suis content de constater qu’ils sont apparemment bien entretenus, chapeau à notre Directeur Pr Awono Onana !!!  J’éprouve le plaisir de me projeter  plus de 27 ans dans le passé…

Mais, j’ai également ce sentiment de non-accomplissement personnel, celui de constater que je n’ai pas encore assez fait pour  apporter un delta d’excellence à mon école, à mon pays, à mon continent à qui je dois tant !!!! Ceci sera central, je vous le promets, à la prochaine phase de ma vie et de ma carrière, je dois donner à l’Afrique tout ce que j’ai appris !!!! Je dis bien à l’Afrique, pas forcément au Cameroun car je suis un guerrier Africain Bantou africaniste !

Pour ma part, je suis prêt à supporter des polytechniciens à travers le suivi, le financement de leurs projets, l’accompagnement à la création de leurs entreprises sous condition que les bénéficiaires une fois bien placés, retournent l’ascenseur aux autres PIPO’s !! Pour l’instant j’ai décidé de prendre en charge trois (3) bons projets d’étudiants de l’ENSPY.

 

Qu’aimez-vous faire le plus quand vous êtes au pays ?

Moment convivial avec les amis au pays

 

Dormir et discuter avec les jeunes !!! Je me ressource en méditant sur les tombes de mes parents et de mes ancêtres. J’essaye de me reposer car partout ailleurs je travaille,  en effet, je voyage dans le monde 80% de mon temps. Et quand je suis au Cameroun je ne pense qu’au repos mais malheureusement je n’arrive pas toujours à le faire.

 

 

 

 

 

Quel était votre rêve quand vous étiez petit ?

Etre chauffeur de camion. J’ai toujours voulu être chauffeur de camion car il voyage beaucoup, parcourt de longue distance. Aujourd’hui je peux dire que je vis mon rêve car je passe la majeure partie de mon temps à faire le tour du monde, à rencontrer des cultures et gens différents, à résoudre des problèmes différents car les gens comptent sur moi pour leur apporter des solutions et créer leur succès….

Dans notre jargon, on a tendance  à dire que les polytechniciens ne pensent qu’à résoudre des problèmes au point d’oublier l’essentiel. Cela nous amène à vous poser la question de savoir si vous êtes marié.

Je suis marié à la meilleure femme du monde. C’est moi qui définis hein (en riant). C’est la meilleure femme du monde car c’est elle qui s’occupe de ma progéniture et elle fait un excellent boulot. Nous sommes ensemble et sommes de très bons amis depuis plus de 23 ans… très intelligente (plus que moi du moins), elle est diplômée de Sup de Co et travaille comme VP de finance aux USA.

Combien d’enfants ?

Famille Tchamwa

J’en ai trois (3), tous des garçons ; ils sont de nationalités Camerounaise, Française et Américaine. Certains me disent que la nationalité Camerounaise est exclusive et je leur réponds que je n’ai pas besoin de leurs accords pour que mes enfants soient des Africains Bantous et Camerounais!!! Mes garçons ont de véritables noms et prénoms africains et pas de prénoms européens, ils s’appellent Shaaka (Shaaka le grand roi Zoulou), Zenou (sagesse en Bamileke) et Amani (la paix en Swahili) !!! J’espère que vos futurs enfants seront de véritables africains aux noms et prénoms africains et pas de prénoms de ceux qui acceptent inconsciemment notre défaite et notre infériorité!!!

 

 

Pour terminer quels souvenirs voudriez-vous qu’on garde de vous ?

J’aimerais qu’on garde de moi le souvenir de quelqu’un qui sans être spécial, a réussi sans aucune aide ni alliance, à se rapprocher du sommet. J’arrive à faire de grandes choses en sachant que je n’ai rien de spécial. Je ne suis pas le plus intelligent, ni le plus doué, mais j’arrive à délivrer des résultats impressionnants tout simplement par ce que j’ai la ferme conviction d’être à même de rebondir quel que soit la situation. C’est la seule conviction que je vous demande de cultiver. De ma génération, je suis certainement un de ceux qui assument des fonctions de grandes amplitudes  que ce soit de Polytechnique Yaoundé ou de Centrale France, pourtant je ne suis pas le plus intelligent mais très certainement un des plus décidés et des plus confiants.

Un dernier mot à nos lecteurs ?

En entrant à Polytechnique, vous avez démontré que vous êtes particulièrement doués. Maintenant il faut vous convaincre que vous allez y arriver quelques soient les embûches surtout sans prendre de raccourci. Accumulez de la connaissance et transformez cette connaissance en compétence, comprenez qui vous êtes, fixez-vous des objectifs et le reste viendra tout seul.

Je vous demande aussi de vous battre pour quelques choses de plus grand que vous, pour le bien, la paix, pour la justice sociale par exemple…. En tant qu’africain francophone, vous devez nous libérer de notre histoire d’esclave et de colonisé dans laquelle nous sommes toujours, vous devez nous inscrire en premier rang du concert des peuples et des nations… pour commencer, vous devez nous libérez du F CFA, ce serait un très bon début… Nous avons échoué (j’ai échoué), nous avons été des africains bien dociles, insouciants, peureux et fainéants ; mais vous êtes différents, vous êtes informés, vous êtes en concurrence directe avec le reste du monde, vous êtes bien meilleurs que nous…libérez nous s’il vous plait, redonnez nous notre fierté d’Africains et redonnez nous le contrôle de notre avenir!!! Vous le pouvez si vous le voulez, nous vous avons démontré qu’en fait personne n’est plus forte que vous, n’hésitez, ne soyez pas paralysé par les analyses,  AGISSEZ!!!

 

Interview menée par

MBIDA Marc Anthony, MBA MBOGNE Stéphane, MBALLA MOYO Albert

pour Hello World

Post Author: mbida

7 thoughts on “Interview : Dr Ing Bertrand TCHAMWA, ingénieur polytechnicien, vice président d’une multinationale Américaine

    Freddy

    (15 février 2017 - 19 h 56 min)

    Wow

    Exi

    (16 février 2017 - 10 h 40 min)

    Très bon exemple, Ingénieur !
    Félicitations à la tram Hello Word qui ne cesse de grandir en faisant des choses merveilleuses !

    Serge Alain Tiojip Tiojip

    (16 février 2017 - 10 h 48 min)

    Merci pour ces précieux conseils que nous donne le grand frère DBT et bravo à l’équipe Hello World pour le travail abattu

    Azangue brice arthur

    (17 février 2017 - 12 h 45 min)

    C’est vraiment une grande émotion d’avoir un immense privilege d’avoir une consetion relaté de la vie globale d’un grand monsier comme Dr In Bertrand. Nous vous remeecions grandement de nous faire de nouveau comprendre que le reve camerounais est toujours possible malgre les nis de poule rencontrer en chemin. Vous nous faite comprendre qu’il faut reste toujours droit, un moral haut et ferme et surtout de toujours y croire. Merci sincerrement. Que Dieu vous garde

    MAFO

    (17 février 2017 - 13 h 47 min)

    Très émouvant Dr,
    Mes félicitations et beaucoup de courage.
    Merci pour les conseils, on s’inspira de votre parcours pour aller le plus loin possible.

    KUAGUIM FOUELEFACK Richard

    (19 février 2017 - 12 h 42 min)

    merci pour cette merveilleuse édition que vous nous offrez…vraiment c’est inspirant et encourageant.J’aimerais savoir comment postuler pour concernant le financement des projets comme l’a évoqué notre grand frère académique Dr Ing Bertrand TCHAMWA?
    Merci bien et alleew de l’avant….never give up
    Cordialement

    Boris FOTSA

    (25 février 2017 - 11 h 48 min)

    Très bel interview. C’est vraiment un partage d’expérience enrichissant et une source d’inspiration. Merci à l’équipe du Hello World et à DBT.

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